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Donner

Assurer notre sécurité

« Au-delà des 9000 embauches décidées, et qui sont encore en cours, ce sont 10 000 fonctionnaires de police et de gendarmerie qu’il faut recruter dans les trois prochaines années »

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Diagnostic

L’installation structurelle d’une menace terroriste

Les origines

Depuis 2012, la France est la cible d’attaques répétées d’individus se réclamant de la pensée islamiste radicale. Ces terroristes barbares ne sont pas issus de l’étranger. En effet, pour leur majorité, ils sont nés sur le territoire français. Ils sont des « Enfants de la République ». A cet égard, « on peut naître en France, être Français, avoir passé toute son enfance à l’école de la République, avoir bénéficié de notre modèle social, et haïr la France, détester ce qu’elle incarne, détester les personnes qui nous entourent, au point de vouloir les détruire. »

« Le terreau sur lequel les terroristes ont réussi à nourrir la violence, à détourner quelques individus, c’est celui de la défiance ». Le terrorisme s’est installé en France, nourri des fractures sociales et économiques du pays, de ses divisions.

Une réponse inadaptée et inefficace

Malgré la prépondérance du sujet sécuritaire dans le discours des politiques, force est de constater que peu de mesures réelles ont été prises. « Il y a quelque chose de vain et d’inquiétant dans la foire des propositions qui ont été présentées, à des fins d’ailleurs largement électoralistes, depuis les attentats ».

En effet, « « Ils » s’intéressent aux menus des cantines scolaires, à la longueur des tenues vestimentaires, aux modalités d’acquisition ou de retrait de la nationalité française dans une débauche stérile d’inventivité ».

Des réponses policières et judiciaires insuffisantes

Face à la montée du risque terroriste, « La réponse pénale n’apparaît pas au niveau car les moyens de la justice et de l’administration pénitentiaire ne le permettent pas, surtout dans les zones les plus difficiles. La réalité est qu’on demande toujours plus à des forces de l’ordre, à des magistrats et à des services pénitentiaires qui sont aujourd’hui les fonctionnaires qui travaillent dans les conditions les plus difficiles ». 

Selon Emmanuel Macron, les choix politiques opérés notamment par la droite au pouvoir dans les années 2000 ont eu des conséquences néfastes. « Nous subissons les conséquences de décisions idéologiques prises il y a plus de dix ans pour supprimer la police de proximité ». Suite à cette suppression, les conditions de travail des forces de police se sont dégradées sur le terrain, conséquence de l’insuffisance des effectifs. Une partie importante de l’efficacité opérationnelle contre les réseaux terroristes, qui reposait notamment sur la capacité à récupérer des renseignements au niveau de la ville, voire du quartier, ont été détricotés

Un arsenal législatif pourtant suffisant

Face au populisme et aux raccourcis de certains responsables politiques consistant à proposer comme seul remède à l’insécurité une inflation de la loi pénale, Emmanuel Macron réfute une quelconque forme de démagogie. « Nous devons la vérité aux Français, l’arsenal législatif applicable au terrorisme ne nécessite pas d’être profondément changé. Il a été adapté, il y a encore des éléments techniques, face aux transformations technologiques, mais ce qui devait être fait a été fait. »

Les bases juridiques du droit commun suffisent : « Et il faut donc là-dessus, on le voit bien, penser, accompagner ce retour au droit commun tel qu’il a été renforcé par le législateur, et agir une fois encore avec les bons instruments »

Plus spécifiquement, Emmanuel Macron estime que l’Etat d’urgence ne peut plus durer : « Nous ne pouvons pas vivre en permanence dans un état d’exception. »

Action

Principes

De l’Etat d’urgence à la société de la vigilance

Emmanuel Macron prône le passage d’un Etat d’urgence à une société de la vigilance : « nous devons collectivement préparer, dès que cela sera possible, une sortie de l’état d’urgence. Celui-ci était indispensable au lendemain des attentats. Je ne prétends pas qu’il ne doive jamais plus être mis en œuvre si des circonstances dramatiques devaient à nouveau l’exiger. Mais sa prolongation sans fin, chacun le sait, pose plus de questions qu’elle ne résout de problèmes »

Il s’agit de réaffirmer une capacité collective à réagir aux troubles sécuritaires : « une capacité collective à nous tenir debout, à faire un, à être à la hauteur de nos valeurs et de notre histoire, à ne pas céder à la panique, à ne pas céder à la pression ».

« Pour être pleinement efficaces, nous devons responsabiliser la société entière », par exemple en formant plus efficacement les individus aux gestes de secours.

Le respect de l’Etat de droit

Emmanuel Macron rejette une réponse sécuritaire qui se ferait aux dépends de l’Etat de droit. Il est notamment opposé à l’incarcération des fichés S.

Par ailleurs il dénonce des mesures comme la remise en cause du droit du sol ou la déchéance de nationalités qui n’apportent pas de solutions concrètes. A propos de cette dernière, il considère « qu’on ne traite pas le mal en l’excluant de la communauté nationale ».

Une justice intransigeante

Emmanuel Macron insiste sur la nécessité de réformer la justice afin de la rendre intransigeante. « Il est impératif que les peines, quelles qu’elles soient, soient immédiatement mises à exécution telles qu’elles ont été prononcées ».

Pour avoir un effet la sanction doit être pleinement appliquée. « Aujourd’hui, un magistrat qui condamne un délinquant à une peine de prison ferme jusqu’à deux ans sait que cette peine sera d’abord examinée par un autre magistrat, qui envisagera des alternatives à la prison (…) Une peine de prison prononcée doit conduire l’individu à être placé en détention ».

Propositions

Restaurer la police de proximité

« Il faudra absolument remettre à l’ordre du jour une organisation policière au plus près de nos concitoyens, lui laisser du temps, la maintenir de façon durable, lui donner des moyens humains et financiers ». Cette police est importante tant au plan humain qu’au plan sécuritaire. Elle permet de rétablir des liens entre les citoyens et l’Etat mais aussi de reformer progressivement des réseaux de renseignement.

Reconstruire notre réseau de renseignement

La reconstruction « d’un renseignement territorial pleinement opérant » est une nécessité afin de pouvoir lutter au mieux contre la radicalisation en démantelant les réseaux djihadistes. Ce réseau a été démantelé par Nicolas Sarkozy en 2007.

Emmanuel Macron propose aussi la création « d’une cellule de traitement des données de masse de renseignement, comme les Britanniques ou les Américains ont su le faire, qui rapporterait directement au conseil de défense ».

Augmenter les effectifs

Il faut agir vite, c’est pourquoi « au-delà des 9000 embauches décidées, et qui sont encore en cours, ce sont 10 000 fonctionnaires de police et de gendarmerie qu’il faut recruter dans les trois prochaines années ». Cela permettra de soutenir ceux qui sont déjà engagés sur le terrain et de répondre aux demandes croissantes de protection des citoyens.

Enfin, il faudra conserver le format actuel de nos armées, même après Sentinelle, conjointement à la montée en régime des forces de police et de gendarmerie par les embauches car « l’opération Sentinelle était une nécessité pour protéger le territoire et rassurer la population et il n’est ni réaliste ni souhaitable de mettre fin dans les prochains mois à cette opération mais il est nécessaire, d’une part de conserver le format actuel de nos armées même après Sentinelle, d’autre part de préparer rapidement la transition pour faire monter en régime les forces de police et de gendarmerie grâce à des embauches supplémentaires ».

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