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De la défiance à la confiance

« Les français ont de moins en moins confiance dans leurs responsables politiques, de moins en moins confiance dans leurs élites. Or, lorsque le cercle de la défiance s’est installé, on n’avance plus ensemble. »

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Diagnostic

Restaurer la confiance économique

La dynamique vertueuse de la confiance

La nécessité de restaurer la confiance dans la sphère économique découle d’un constat : les Français sont parmi « les plus pessimistes du monde en ce qui concerne leur avenir économique ». Dès sa prise de fonction au ministère de l’économie et des finances en août 2014, Emmanuel Macron pose comme objectif de « restaurer la confiance ». En effet, « l’économie n’est pas une science exacte, elle est faite par les hommes, elle est faite de psychologie ». La confiance entre ces acteurs constitue un déterminant central du bon fonctionnement du système dans son ensemble.

Le niveau de défiance peut ainsi être observé concrètement dans l’économie, « on le mesure macro-économiquement dans le taux d’épargne des ménages et dans le faible taux d’investissement des entreprises ». Créer de la confiance, c’est donc au contraire mettre en place « une dynamique vertueuse », qui donne aux acteurs l’envie d’investir et de mobiliser leur épargne, puisqu’il existe aujourd’hui en France « de l’argent qui peut être réinvesti, qui peut être re-dépensé si les Français ont le sentiment que les choses changent et se débloquent ».

Une confiance inclusive

La confiance doit être restaurée à tous les niveaux et s’adresser à tous les acteurs de la vie économique. « Les investisseurs étrangers doivent avoir confiance dans notre pays » tout comme « les Français doivent avoir confiance en eux-mêmes ». Cette confiance doit aussi être donnée aux entrepreneurs et aux hommes et femmes de terrain, car « pour libérer l’activité, il faut faire confiance et laisser ceux qui sont sur le terrain, au plus près de la réalité, faire les choix qui les concernent ».

On observe par ailleurs aujourd’hui des effets de fermeture dans l’économie française qui entretiennent directement un esprit de défiance dans la société « Quelqu’un sous prétexte qu’il a une barbe ou un nom à consonance qu’on pourrait croire musulmane a quatre fois moins de chances d’avoir un entretien d’embauche qu’un autre ». Il s’agit donc en d’autres termes de « restaurer l’égalité des chances économiques », puisque c’est précisément ce manque de confiance et ces fermetures qui engendrent « les pertes d’opportunité, les plafonds de verre », eux-mêmes débouchant sur l’« inefficacité économique ».

Restaurer la confiance politique

La défiance envers les responsables politiques

Les volets économique et politique sont intrinsèquement liés puisque les institutions et leurs représentants ont une influence majeure dans la construction de la confiance à la fois au sein de la sphère économique et au sein de la société française.

Combattre la défiance est un projet politique répondant à l’analyse selon laquelle « les Français ont de moins en moins confiance dans leurs responsables politiques, de moins en moins confiance dans leurs élites », voire même que les responsables politiques se font eux-mêmes de moins en moins confiance. « Quand l’un bouge, on lui prête toujours de mauvaises intentions, des sous-entendus ». La défiance est aujourd’hui un déterminant incontournable de la vie politique française, comme Emmanuel Macron le reconnaît : « Ce problème de défiance, je le mesure chaque jour et nous le coproduisons chaque jour ».

Un danger pour la communauté nationale

L’innovation est bloquée par le manque de confiance dans le domaine économique comme dans le domaine politique. Pour ces raisons, le débat public ne doit pas se nourrir de la défiance, mais au contraire s’ouvrir et chercher à restaurer la confiance. « On ne doit pas caricaturer les débats difficiles. On ne doit pas les simplifier, on ne doit pas les hystériser ».

De même, les questions de sécurité doivent trouver une réponse qui ne participe pas à entretenir un contexte de méfiance envers l’autre, comme Emmanuel Macron le souligne : « Je pense qu’on peut protéger, dans le plein respect des libertés individuelles. Je crois même que la vraie sécurité se construit dans la liberté des individus, sinon vous continuez à produire de la défiance dans la communauté nationale et, ce faisant, vous l’affaiblissez progressivement ».

La base de la confiance dans la société française s’est construite autour de la notion d’égalité, un pacte entre les citoyens qui semble aujourd’hui brisé « nous avons progressivement abîmé cet élitisme ouvert républicain qui permettait à chacune et chacun de progresser. Nous avons arrêté la mobilité ».

Action

Les réformes économiques

C’est en octobre 2014, lors de la présentation de son projet de loi pour libérer l’activité en conférence de presse, qu’Emmanuel Macron définit la défiance comme l’une des trois grandes maladies de l’économie française. Il présente son paquet de réformes comme une première démarche vers la restauration de la confiance au sein de l’économie française se fondant sur les trois axes « libérer, investir, travailler ».

Restaurer la confiance est un objectif de long terme car « il n’y a pas une grande mesure, il n’y a pas une grande réforme, parce que ça n’existe pas ». En revanche il existe « des mesures concrètes à prendre sur tout un tas de secteurs de notre économie avec les Français et pour les Français afin de débloquer de manière très concrète, de rénover notre économie et notre société ». Il est essentiel que celles-ci répondent à des objectifs clairs et ambitieux « pour que l’économie ne soit pas une fatalité ». Les réformes portées par Emmanuel Macron lors de son exercice en tant que ministre de l’économie étaient la première étape.

La transparence

« Faire confiance, ça veut d’abord dire être transparent ». Il faut « mettre de la transparence partout » afin de restaurer la confiance économique mais aussi d’assurer au débat public ouverture et maturité.  La transparence constitue évidemment un remède à la défiance envers les responsables politiques.

En ce qui concerne les réformes économiques, « chacun des instruments qui est proposé, qui est porté, doit être transparent ». En tant que ministre de l’économie, Emmanuel Macron s’était ainsi engagé à ce que « toutes les décisions que nous décidons de porter » soient « transparentes, pour restaurer la confiance ».

L’ouverture

L’ambition globale doit être celle de « changer cette société en l’ouvrant ». Celle-ci doit d’abord s’exprimer par l’ouverture des débats, « il ne doit pas y avoir de débat interdit ».

La confiance dans la vie économique peut être restaurée en s’adressant à tous sur un plan individuel : « Nous avons besoin d’ouvrir certains secteurs, d’ouvrir certaines professions, de faciliter les accès, aux plus jeunes, aux plus démunis, à ceux qui voudraient faire plus ». C’est aussi agir en faveur de l’innovation et accepter de prendre des risques.

Enfin, l’ouverture extérieure au monde, notamment dans le cadre du projet européen, constitue un aspect central de cette vision politique.

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