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L’économie circulaire

« L'économie circulaire est un formidable laboratoire pour montrer à nos concitoyens qu'on peut, au vingt et unième siècle, réconcilier notre pays avec l'idée de progrès ».

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Diagnostic

L’économie circulaire face aux enjeux écologiques

Le modèle économique qui a soutenu la croissance du vingtième siècle (extraire, fabriquer, consommer, jeter) atteint ses limites. L’état de l’écologie mondiale est préoccupant, le réchauffement climatique n’en est qu’un des éléments les plus visibles. L’épuisement des ressources naturelles qui n’était qu’une perspective lointaine est désormais à prendre en compte dans les perspectives de croissance.

Face à ces enjeux, l’économie circulaire propose un nouveau modèle de société qui réconcilie croissance économique et considérations environnementales. Ce modèle vise à l’efficience de l’utilisation des ressources, en optimisant la gestion des stocks et les flux de matières, d’énergie et de déchets. En France, l’année 2015 a été placée sous le signe de la transition écologique avec la mise en application de la loi sur « La transition énergétique pour la croissance verte ».

Trop d’esprits sont encore marqués par une « opposition datée » entre croissance économique et écologie.  Pourtant le temps n’est plus aux idéologies, il faut réconcilier « les industrialistes et les environnementalistes ».

L’économie circulaire doit permettre de diminuer le prélèvement des ressources, de réduire la production de déchets et de restreindre la consommation d’énergie. Selon le rapport McKinsey commandé par la fondation Ellen MacArthur, l’adoption de modèles circulaires pourrait générer en Europe une économie nette de matières premières qui permettrait de « réaliser 630 milliards de dollars d’économies par an jusqu’en 2025, c’est-à-dire environ 9% du PIB européen ».

Par exemple, la collecte systématique des déchets alimentaires ménagers, leur utilisation dans la production de biogaz et le retour des nutriments aux terres agricoles représente une réelle opportunité puisqu’une tonne de déchets alimentaires peut générer pour 19,5 euros d’électricité, pour 13,5 euros de chaleur et pour 4,5 euros d’engrais. C’est aussi la possibilité de créer de nouveaux emplois en France. L’économie circulaire s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’économie de demain, permettant de « répondre au défi environnemental, au défi de compétitivité, au défi culturel ».

L’écologie circulaire une solution face aux autres défis de l’économie

L’écologie circulaire permet d’adresser le défi de la compétitivité, en jouant sur la compétitivité coût et hors coût.

La « compétitivité coût » est au cœur de la démarche avec une maîtrise du coût des intrants, « matériaux issus des chaînes de fabrication internes aux entreprises », la valorisation des déchets ou l’écoconception.

Hors coût, c’est un élément de compétitivité constituant « un élément d’innovation, de différenciation, de montée en gamme de notre industrie ». L’économie circulaire est un des éléments pour repenser « la réindustrialisation en Europe ».

Elle propose « l’innovation technologique avec le développement de nouveaux matériaux, la modernisation des outils de production ». Elle se fonde sur deux ressors une « innovation organisationnelle avec la transformation des modèles d’affaires, des processus des modes de conception » et une « innovation commerciale avec le développement de nouveaux labels qui valorisent les performances   environnementales   des   produits ».

« La nostalgie des Trente Glorieuses » n’est pas une solution réaliste pour envisager la croissance de demain. Seuls l’innovation et le progrès seront les clés du succès de demain. L’industrie française du futur doit se développer autour du numérique, en étant « plus environnementale, plus sobre (…), plus près des clients finaux ».

L’économie mondiale fait face à une transformation culturelle avec « l’évolution des besoins ». « Les comportements ne sont plus les mêmes ». Les consommateurs ne recherchent plus à « détenir des objets mais avoir des temps d’usage ». L’obsolescence programmée des objets ne représente plus aujourd’hui une réponse concrète pour une solution viable pour l’économie. L’industrie doit proposer « plus que des simples produits, (…) de vraies solutions complexes où il y a à la fois une production matérielle, des services associés, de l’intelligence – des logiciels – et de l’emploi ».

Action

L’économie circulaire comme réservoir d’emplois

L’économie circulaire doit être aujourd’hui promue, car elle propose de réconcilier croissance et développement à long terme. Elle est un vecteur de création d’emplois durables et innovants en France. Plus que de simples réponses à des enjeux environnementaux, l’économie circulaire engage une réflexion innovante, intégrant les nouvelles technologies et les besoins d’une société en transformation. L’économie circulaire est portée par le secteur conséquent des éco activités, en pleine expansion en France et en Europe. Aujourd’hui, ce secteur représente près de « 86 milliards d’euros de production dont près de la moitié pour le traitement de l’eau et des déchets », et 900 000 emplois directs et indirects en France.

Encourager les innovations existantes et promouvoir de « nouvelles techniques » 

La France est riche d’entreprises innovantes. La transition doit commencer par la « (consolidation) nos atouts parce que nous en avons ». « Nous avons des leaders mondiaux dans le recyclage, le traitement des déchets – qu’il s’agisse de SUEZ ou de VEOLIA –,   de nombreuses PME  et ETI également impliquées dans ce secteur ». Il faut poursuivre la transition de notre cadre législatif pour favoriser le développement des initiatives déjà présentes et les laisser prendre leur plein essor. Il faut faire prendre conscience à « nos concitoyens (…) que l’État (…) est là pour vous accompagner et aider cette filière et faire émerger encore plus vite ces solutions industrielles qui sont au cœur de cette économie circulaire ».

L’Etat doit s’impliquer activement dans la recherche de solutions innovantes « avec parfois l’entrée de l’Etat au capital même de ces projets ». L’Etat doit soutenir l’économie de demain, et prendre le risque de la recherche, lorsque le secteur privé fait défaut.

« Fédérer » les acteurs

L’Etat français doit jouer un rôle plus important dans la promotion et le développement de l’économie circulaire. Pour cela, il doit renforcer son rôle de coordination des différents comités de filières professionnelles. Ces derniers sont au cœur du renouvellement des industries françaises car ils permettent « de représenter l’ensemble des acteurs […] qui portent cette alliance des producteurs sans lesquels on ne peut pas construire de telles filières industrielles ». L’Etat doit de plus renforcer le rôle du CSF Eco-industries et encourager l’innovation dans ces secteurs « à travers des outils de gouvernance mobilisés ».

Le développement de l’économie circulaire en France passe par les grands instruments mis en place par le gouvernement, comme les « Green Deals », et « d’actions concrètes, d’énergie territoriale qui, précisément, construisent cette réorganisation de la chaîne de production, cette capacité à faire autrement, à produire autrement ».

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