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Donner

L’ égalité hommes-femmes

« En France, on ne négocie pas les principes élémentaires de la civilité. On ne négocie pas l’égalité entre les hommes et les femmes. »

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Diagnostic

Un cadre légal fixant une égalité formelle

Durant la dernière décennie, le droit français a été augmenté de nombreux textes destinés à promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes : de la loi sur la parité en politique (2000) à la loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes visant à combattre les inégalités dans les sphères privées, professionnelles et publiques (2014), en passant par la loi relative à la représentation équilibrée des femmes et des hommes au sein des conseils d’administration et de surveillance et à l’égalité professionnelle (2011).Si le cadre légal a ainsi progressé, la réalité que vivent les femmes est tout autre.

Des inégalités en matière de sécurité

Le premier constat est celui de l’insécurité qui touche plus particulièrement les femmes : « Il y a cette inégalité forte (…) en matière d’insécurité, celle qui fait qu’au fond, une insécurité toute particulière est concentrée sur les femmes. Les violences conjugales, les sifflets dans la rue, les insultes, le harcèlement, pour trop d’entre elles, prendre par exemple les transports en commun, traverser tel ou tel quartier le soir, est devenu presque impossible ou l’objet de traumatismes.

Cette insécurité physique, cette inégalité devant l’insécurité physique, elle est au cœur du constat fait dans le pays. »

Une inégalité généralisée sur le marché de l’emploi

Sur le marché de l’emploi, la position des femmes est dégradée sur trois axes. Tout d’abord, selon l’INSEE (2013), 67% des femmes en âge de travailler ont un emploi, soit 9 points de moins que le taux d’emploi masculin.

Ensuite, elles « sont souvent contraintes de travailler moins : elles représentent 78% des salariés à temps partiel », et ainsi leur taux d’emploi à temps plein n’est que de 59%, soit un écart de 15 points avec les hommes. Cette situation est pour partie due au fait que « lorsque les infrastructures permettant aux femmes d’aller travailler manquent, celles-ci doivent arrêter leur carrière des années durant ».

Enfin, les femmes sont également confrontées à des différences salariales inexpliquées puisqu’ « à un poste comparable et en travaillant la même durée, une femme gagnera 10% de moins qu’un homme ».

Un accès aux responsabilités toujours limité

Pour Emmanuel Macron, cette situation d’inégalité généralisée est directement liée « au fait que les femmes ne sont pas correctement représentées dans les instances dirigeantes, à l’Assemblée nationale, et ne font pas pleinement partie de ceux qui prennent les décisions sur nombre de ces sujets ».

« Aujourd’hui, 17% des postes de direction sont occupés par des femmes » et l’Assemblée nationale actuelle ne compte que 35% de députées.

Or, sans une juste représentation des femmes, les parlementaires peuvent difficilement adopter des lois qui tiennent compte au mieux de leurs besoins spécifiques et intérêts.

Action

Principes

Garantir les libertés des femmes

Pour Emmanuel Macron, il y a un « objectif collectif qui est celui de l’émancipation des individus et de la société ». A ce titre, « la sécurité est la première de libertés » et « l’insécurité physique, sous toutes ses formes, c’est la plus terrible des insécurités ». Parce que l’insécurité physique touche particulièrement les femmes, l’égalité hommes femmes passe par une politique de sécurité publique renforcée s’exerçant sur tous les territoires, surtout ceux où les droits des femmes sont menacés.

Ce que l’on constate dans certains quartiers, c’est que l’insécurité publique généralisée vient créer en réaction une norme sociale religieuse qui devient une pression sociale discriminante envers les femmes : « Le vrai scandale, c’est que cette femme soit obligée de porter [le voile] alors même qu’elle ne le veut pas. Et c’est là où l’on doit faire respecter la laïcité, c’est là où c’est un principe qui peut  être un principe d’ordre publique. Ou on doit, dans son quartier, dans les transports en commun tout faire pour que cette femme ne soit pas soumise à une pression collective. Et c’est là où il y au combat, mais pas au titre de la laïcité, mais au titre de la liberté que nous devons à chacune et chacun ». Ainsi, si la liberté de conscience religieuse doit être défendue, elle ne doit pas se transformer en pression sociale empêchant à la femme d’exercer pleinement ses libertés individuelles.

« Oui, nous devons être extrêmement vigilants, nous devons être intraitables dans certains quartiers de la République que nous avons abandonnés par facilité, ou les règles de la République ne sont plus respectées, ou le communautarisme a pu s’installer parfois au nom d’une religion, et où nous avons collectivement trop démissionné ».

Face à cet enjeu, celui de garantir l’intégrité physique des femmes, leur liberté de mouvement et de conscience, en bref leur capacité d’émancipation, « la réponse, elle est dans notre capacité collective à traiter de manière efficace et concrète les enjeux de sécurité là où ils se trouvent vraiment. C’est-à-dire sur le terrain ».

Faire  gagner les femmes c’est faire gagner la société

Aujourd’hui, du fait des « discriminations » envers les femmes, il y a pour elles, une rupture de l’égalité des chances « qui induit une formidable perte d’opportunités pour les femmes de notre société… et pour la société en entier ». La France dans son entier  « ne peut réussir en excluant une partie de sa société, en ne proposant pas un rôle mérité à chacun ». La mise à l’écart des femmes dans l’entreprise et dans le champ public nous prive de nombreux talents, limite les élans entrepreneuriaux, et empêche l’émulation de pensée qui permet l’innovation économique, technologique et sociale. Dans ce sens, l’OCDE (2013) affirme qu’une véritable égalité professionnelle contribuerait à accroître de 10% l’économie de notre pays d’ici 2030.

Propositions

Une politique de sécurité

« Nous avons, sur le terrain, des combattants de cette laïcité, des combattants des droits des femmes, des combattants des règles de la République. Et si nous ne sommes pas implacables sur le terrain contre celles et ceux qui ne respectent pas la République, alors, nous abandonnons ces combattants, et ça, c’est tout autant inacceptable. »

C’est pour que la République s’engage dans une reconquête de terrain, pour qu’elle puisse enfin, à nouveau, partout sur le territoire, assumer complètement son rôle de garant des libertés et de la sécurité, et redevenir la norme sociale qui prévaut, qu’Emmanuel Macron propose de « remettre à l’ordre du jour, une organisation policière au plus près de nos concitoyens  » sur le modèle de la police de proximité. Cette police de proximité sera rendue possible par « 10 000 embauches de police et de gendarmeries supplémentaires qui seront recrutées dans les 3 premières années du quinquennat ».

Une politique d’efficacité

En réponse aux inégalités économiques généralisées que subissent les femmes, Emmanuel Macron estime nécessaire d’agir sur trois plans dans une réponse présentant une efficacité à court terme et des orientations de long terme.

Pour obtenir des résultats à court terme, l’Etat doit faire appliquer les lois existantes. Cette application passe par un contrôle renforcé via une « systématisation des politiques de testing » et par une réponse « agressive et rapide » aux discriminations détectées.

A moyen terme, des changements importants peuvent aussi être obtenus par une politique de quota fixant des objectifs à 5 ou 10 ans sur un pourcentage de femmes aux postes de cadre de direction. Il est nécessaire toutefois de laisser du temps afin de permettre aux entreprises d’identifier les meilleurs moyens de promouvoir les femmes. « Je pense qu’avoir des quotas avec des objectifs de moyen terme est une très bonne solution ». Dans le même temps, l’égalité entre hommes et femmes bénéficiera d’un investissement collectif dans les infrastructures qui permettent aux femmes (et aux hommes) d’allier travail et famille, telles que les structures de garde d’enfants.

Enfin, au-delà de la loi et de sa bonne mise en œuvre, c’est une véritable politique culturelle qui doit être menée avec des objectifs de changement des mentalités à moyen et long terme. Cette politique culturelle doit s’orienter sur la promotion d’un modèle de développement inclusif et innovant permettant un meilleur partage des rôles et responsabilités dans les sphères privées, professionnelles et publiques. Cette politique passera notamment par la promotion de « modèles », de personnes montrant l’exemple de femmes et d’hommes qui incarnent et travaillent pour cette égalité. « Sans ce modèle, il n’est pas possible de briser le blocage culturel » qui entrave la participation des femmes dans la société.

La bonne mise en œuvre de ces politiques sera notamment assurée par un « ministère dédié [qui] devra être en charge d’évaluer l’évolution des comportements et des pratiques » à l’égard des femmes.

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