icon-hamburger-dark
Donner

Encourager l’innovation

« Ce qui vient entraver tous ceux qui osent dans notre pays, on doit le simplifier, le supprimer, le rendre plus lisible, plus transparent pour chacun »

Accédez à la synthèse de cet article

Partagez cet article

Diagnostic

Une révolution schumpétérienne : des destructions créatrices

La France a changé depuis la fin des Trente Glorieuses, parce que le monde lui-même a changé. Nous vivons une révolution numérique. Emmanuel Macron livre un diagnostic clair : tout a été bouleversé dans notre quotidien, « notre façon de consommer, d’innover, de produire, de se déplacer, de tout faire ». La mondialisation s’accélère, et la révolution numérique est en marche. Notre économie voit se produire, de façon simultanée, la disparition de secteurs d’activité économique et la création de nouvelles activités économiques : « Dans certains services, la moitié des emplois n’existeront plus dans dix ans » mais, en même temps, « on va recréer des opportunités pour les plus et les moins qualifiés ».

Une organisation collective obsolète

Nous sommes face à un grand défi car « il faudra s’organiser différemment pour accompagner les changements, il faudra plus d’agilité, il faudra former bien davantage ». Les modalités d’action publique, élaborées dans l’après-guerre, ne sont plus adaptées, et il convient de les repenser en profondeur, à partir des enjeux d’aujourd’hui : « ce ne sont pas des ajustements qui permettront d’accompagner cette transformation, mais une refondation radicale des choses ».

Une France fracturée

Ces bouleversements économiques et sociaux heurtent nos certitudes et notre confiance en l’avenir. L’anxiété progresse et les tensions s’accroissent. Les idées populistes gagnent du terrain et séduisent un électorat de plus en plus large. Il existe aujourd’hui deux France, de plus en plus éloignées l’une de l’autre : d’un côté, « la France qui croit dans la mondialisation, dans l’Europe, qui réussit, cette France qui est dans les métropoles », qui est « bien formée et dynamique » ; de l’autre côté, une France immobile qui n’a plus de repères, « qui a peur du déclassement, qui ne se retrouve pas dans ce monde qui va » et « qui sent qu’elle a peut-être un peu moins de droits qu’hier ». Il importe de les réconcilier en renouant avec la promesse républicaine de l’égalité d’accès aux opportunités.

Des modes de financement inadéquats

L’économie numérique repose sur l’innovation, et souvent sur l’innovation disruptive. Le propre de cette économie, c’est « d’aller chercher des fonds propres, extrêmement rapidement, à un niveau parfois important ». Or « nous gardons des structures de financement qui sont celles d’une économie de rattrapage », « très intermédiée » et alimentée « par un financement par la dette, et par tous les produits d’endettement ». Si le financement par la dette est nécessaire, l’économie de l’innovation nous impose de « réussir collectivement à réorienter les modes de financement de notre économie, d’une économie, au fond, de financement par la dette, à une économie de financement par les fonds propres ».

Action

Principes

L’entrepreneuriat accessible à tous

S’il est plus facile de créer une entreprise aujourd’hui qu’il y a 30 ans, il existe encore une injustice en la matière : « celui qui n’a pas le réseau, qui n’a pas les contacts, qui n’a pas déjà les entrées dans les banques, chez des clients, n’est pas dans la même situation que celui ou celle qui décide, sortant de ses études, de son quartier de se lancer dans l’entrepreneuriat ». Cette injustice, c’est « celle des opportunités et des accès ». Il serait absurde de vouloir que tous les entrepreneurs se ressemblent. Ce qui compte, c’est que tous ceux qui veulent entreprendre puissent « partir de la même ligne de départ » : « ceux qui veulent tenter, il faut leur permettre ».

Sortir des corporatismes

Emmanuel Macron en est convaincu, « libérer notre pays, c’est sortir des corporatismes ». Le corporatisme désigne cette propension qu’ont les membres d’un corps de métiers ou d’un groupe social à défendre leurs intérêts. Dans l’optique de préserver leur position avantageuse, ils étouffent l’innovation, la créativité et l’émergence de nouveaux talents. Ainsi, « les corporatismes nourrissent la frustration sur le plan individuel et créent de l’inefficacité sur le plan économique ». Pourtant, les nouveaux entrants, comme l’entreprise américaine Uber, peuvent constituer des opportunités d’emplois, d’une part, et provoquer une baisse des prix, favorable aux usagers, d’autre part. Ainsi, accepter de rompre avec les habitudes et s’ouvrir aux initiatives bénéficie à tous.

Réinventer notre manière d’administrer

Notre action publique doit faire l’objet d’ « une refondation radicale ». Les initiatives des élus locaux, des présidents de région, des maires et des associations doit être encouragée par « ceux qui sont tout en haut, dans des bureaux ». Il est essentiel de donner des marges de manœuvre aux agents sur le terrain, et de favoriser l’innovation au niveau local.

Récompenser la prise de risque

Il s’agit de prôner une fiscalité qui récompense la prise de risques. « Notre fiscalité, et j’inclus ici l’actuel impôt sur la fortune, ne doit plus pénaliser ceux qui réussissent de leur vivant et investissent dans les entreprises et dans l’innovation ».

Propositions

Lever les barrières et protéger

« Ce qui vient entraver tous ceux qui osent dans notre pays, on doit le simplifier, le supprimer, le rendre plus lisible, plus transparent pour chacun », estime Emmanuel Macron. En tant que ministre de l’Économie, il a entamé ce qu’il appelle une « transformation culturelle ». Premièrement, il a supprimé l’indicateur 040 de la Banque de France (qui signale qu’un dirigeant d’entreprise a connu un dépôt de bilan au cours des trois dernières années) car « c’était un stigmate pour tout entrepreneur ». Deuxièmement, la loi croissance, dite loi Macron, permet à l’entrepreneur de rebondir après un premier échec en protégeant sa résidence principale. Troisièmenent, Emmanuel Macron a défendu au Parlement le projet de loi relatif à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique. Ce projet « vise à continuer à lever ces freins administratifs inutiles à la création de l’entreprise et à son développement » : par exemple la suppression de l’obligation pour les micro-entrepreneurs de détenir un compte bancaire dédié à leur activité professionnelle, qui coûte 200€ en moyenne, ou encore la limitation des contraintes administratives et financières qui découlent de l’embauche du premier salarié.

Favoriser le droit à l’expérimentation

Afin d’alléger les normes, Emmanuel Macron entend proposer aux entreprises ou associations porteuses d’un projet d’exprimer leurs besoins d’adaptation des normes juridiques et des procédures administratives auprès d’un interlocuteur unique : c’est le défi relevé par France expérimentation, dispositif lancé en 2016 par Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie. Le but est d’encourager l’innovation grâce à des dérogations temporaires aux règles en vigueur.

Réorienter l’épargne des Français vers le financement de l’innovation

La France est « un pays qui a une épargne financière abondante mais qui l’utilise mal, et qui a un problème de financement de son économie réelle ». Capital-investissement et fonds propres ne sont pas assez répandus, alors que l’économie de l’innovation en a besoin. Le projet de loi transparence et modernisation de la vie économique comprend plusieurs dispositions pour créer ce qu’Emmanuel Macron appelle « des fonds de pension à la française ». Il s’agit d’assouplir les contraintes prudentielles pesant sur certains régimes de retraite : « les contrats de retraite professionnelle pourront ainsi être réorientés vers les actions ». Cela permettra de renforcer « la participation des ménages au financement de l’économie » et de stimuler l’innovation en France.

Donner de la visibilité

Il est aussi essentiel pour encourager l’innovation de permettre aux entrepreneurs et aux entreprises de ne pas subir des changements incessants de fiscalité. C’est ce qu’Emmanuel Macron appelle de ses voeux dans Révolution« Une fois une réforme engagée, ne modifions pas les mesures prises et laissons-les s’appliquer avant de les évaluer ; engageons-nous à ne pas modifier plusieurs fois un même impôt au cours du quinquennat ».

Article précédent Article suivant

Partagez cet article

Fermer

Retrouvez ici très bientôt la synthèse de cet article.