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La crise grecque

« Nous avons besoin d'un peuple grec responsable qui sache qu'il ne vote pas simplement pour la Grèce, mais pour toute la zone euro, et nous, nous avons besoin d'être solidaires »

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Diagnostic

Une crise budgétaire sans précédent.

La crise de la dette publique grecque est une crise financière intervenue en 2008. Elle a affecté la Grèce et a menacé de s’étendre à l’Union européenne.

Suite aux révélations impliquant les gouvernements grecs dans le maquillage des comptes publics – le déficit budgétaire était de 12,7% au lieu des 6% déclarés –, la confiance des prêteurs s’est érodée impliquant une explosion du taux auquel la Grèce a pu emprunter, jusqu’à plus de 30% au point fort de la crise.

La solvabilité de la Grèce et de son financement furent alors menacés. Le ratio de la dette publique grecque en fonction du PIB, qui était déjà de 109% en 2008, est passé à 146,2% en 2010 à 180,1% en 2014.

L’ampleur des problèmes structurels du pays, sa difficulté à prélever l’impôt, son budget militaire surdimensionné et sa dépendance aux fonds structurels européens ont été des composantes fortes de la crise grecque.

 Trois plans d’aides successifs

En conséquence, trois plans d’aide – en 2010, 2012 et 2015 – ont été adopté par l’Union européenne. L’Union européenne avec le FMI et la BCE ont constitué la « troïka » afin de soutenir la Grèce et restructurer sa dette. Cependant, les remboursements négociés avec la Grèce sont lourds et remettent en question la soutenabilité de sa dette publique.

In fine, 230 milliards d’euros ont été prêtés à la Grèce par les États membres pendant les six dernières années, avant de nouvelles négociations probables avec la Grèce à l’horizon 2018.

Un référendum

Le référendum grec de 2015, initiative du gouvernement d’Aléxis Tsípras, fait suite à l’échec des négociations avec la troïka dans le cadre de la crise de la dette publique grecque. Il s’est tenu le dimanche 5 juillet 2015 et portait sur l’acceptation de la proposition faite par l’UE, la BCE et le FMI. Le scrutin se solda par la victoire politique du gouvernement grec et son Premier ministre. Le « non » l’emporta avec 61,31 % des suffrages contre 38,69 % pour le « oui ».

 

Action

Principes

Proposer une alternative à la seule rigueur budgétaire

Face au résultat du référendum, Emmanuel Macron affirme que « notre responsabilité sera de ne pas faire le « traité de Versailles » de la zone euro ». Le ministre a ainsi appelé à résister à la tentation d’« écraser un peuple » parce que « les uns considéreront qu’ils auront gagné un référendum ». « Il est évident que la réponse à un « non » grec ne peut pas être une sortie automatique ». L’enjeu est de taille, les populismes ayant un écho considérable au sein de nombreux pays européens.

« Je ne m’habitue ni au cynisme des dirigeants grecs qui ont posé une question biaisée, ni aux propos populistes d’aucuns qui, parce que leur opinion publique le leur demande, considèrent que la solution à tous nos problèmes serait de sortir la Grèce de la zone euro. »

« Au-delà du sujet de la restructuration de la dette, [il] va se poser assez vite la question de la soutenabilité de la politique budgétaire imposée à la Grèce. Car la politique d’un pays ne peut avoir l’austérité budgétaire comme unique horizon. »

Lutter contre le populisme et les dogmes

Face à une situation complexe, où les intérêts de chacun divergent, Emmanuel Macron prévient que « nous avons besoin d’un peuple grec responsable qui sache qu’il ne vote pas simplement pour la Grèce, mais pour toute la zone euro, et nous, nous avons besoin d’être solidaires. »

A contrario face à une Allemagne qui érige un principe budgétaire au rang de dogme, il l’appelle à « ne pas se figer dans une attitude comptable vis-à-vis de l’Europe et de ses partenaires de la zone euro. »

Pour Emmanuel Macron, le dernier accord conclu avec la Grèce à l’été 2015 « ne purge pas le sujet de la dette intellectuellement ». Il ne faut pas céder face aux populismes, l’un rejetant toute la faute sur l’Europe, et l’autre sur la Grèce: « il faut lutter contre ces deux populismes, par plus de responsabilité pour le premier et plus de solidarité pour le second. »

Propositions

Refonder les institutions européennes pour une meilleure intégration

Pour Emmanuel Macron, une refondation institutionnelle est nécessaire : « la zone euro a besoin de nouvelles institutions auxquelles les gouvernements nationaux transfèreront plus de souveraineté ». Cependant, « il ne faut ouvrir ce débat que si des mécanismes de solidarité budgétaire et financière ont été instaurés préalablement, sinon on va provoquer une nouvelle fragmentation de la zone euro. »

À cet égard, Emmanuel Macron préconise une Europe à deux projets. Cette intégration pourrait se faire de façon différenciée, en fonction des souhaits de chaque pays. Il y aurait un projet pour l’Union européenne et un projet pour la zone euro et peut-être ceux qui veulent encore plus d’intégration.

Plus de mutualisation des risques et de solidarité

La mise en place d’un mécanisme de restructuration des dettes publiques dans la zone euro est « un sujet sur lequel il faut qu’on avance ». La solidarité entre États membres est le principe fondamental qui doit animer la refondation de la politique budgétaire européenne car « une union monétaire sans péréquation financière – ça n’existe pas ! Les plus forts doivent aider. »

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