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Ouvrir la culture

« La culture, c’est notre arme contre la division, notre arme contre la radicalisation, notre arme contre la résignation. »

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Diagnostic

Pour Emmanuel Macron, la culture est au cœur de la société. De la culture dépend « notre capacité à émettre du sens, à proposer une vision de l’humanité, à proposer un destin collectif ». La particularité française reste d’une grande vitalité, notre production cinématographique sans  équivalent en Europe en est un exemple. Et cela, c’est grâce à notre écosystème culturel.

Cet écosystème s’appuie sur un ensemble d’infrastructures, des dispositifs de financement de la production et la protection sociale des acteurs du système culturel. Aujourd’hui, la France est relativement bien dotée en infrastructure culturelles, que ce soit en bibliothèques, en Maison de la Culture, en musées ou en lieux de support à la créativité. Les dispositifs de financement, que ce soit le prix unique du livre ou ceux liés au financement du cinéma ou du théâtre « font notre force ». Dans cet écosystème à préserver, le statut des intermittents est un pilier majeur qui a été pérennisé par  la « bonne réforme » conduite par Audrey Azoulay.

Cet environnement culturel subit toutefois des bouleversements profonds, qui ne peuvent être résumés à leur part technologique : « Il y a énormément d’activités gratuites, créatrices sur internet qui relèvent tout à fait de cette société du soin, de la coopération entre les individus. ». Ce qui est un problème, c’est que la redistribution pour le commun était pour partie assise sur les canaux de distribution et « qu’une partie de celles et ceux qui innovent ne participent plus au commun». On ne peut que le constater, « aujourd’hui, nous vivons dans la loi de la jungle, parce que de fait nous n’avons pas un vrai droit mondial sur le numérique et les GAFA décident de tout».

Si la richesse de la production culturelle française doit être saluée, il faut remarquer que l’accès est très inégalitaire. « Nous vivons dans un système qui prétend que l’éducation de tous est assurée, et qui se satisfait en même temps de laisser la culture pour quelques-uns. » La politique culturelle de la République, comme d’autres de ses politiques, est absente de certains territoires relégués. « Aujourd’hui une politique culturelle, il faut le dire, c’est une politique d’assignation à résidence ».

Action

Principes

Pourtant, la culture, comme l’école, sont au cœur des promesses républicaines de liberté, d’égalité, de fraternité faites à l’individu. La culture, « c’est à chaque fois une fenêtre ouverte ». Avec l’histoire, la culture c’est aussi « notre socle commun ». Et la culture, c’est aussi l’émotion de la fraternité qui nous lie.

« Le moment du récit le plus émouvant c’est ce moment où cette jeune fille modeste découvre la Symphonie pastorale de Beethoven, et elle en décrit les couleurs, elle dit des mots que les autres ne connaissaient pas. Elle dit son émotion. Mais, au fond, elle communie avec toutes et tous ce qu’est notre expérience commune, elle communie avec un des plus beaux trésors de notre culture commune, elle vibre aux mêmes choses que vous et moi, elle détruit toutes les différences qu’il y avait à ce moment-là entre elle et les autres, parce qu’elle est forte de cette émotion partagée et parce que cet homme lui avait tendu cette main, lui avait permis cette expérience. C’est ça, la culture. »

« Et que cette communion, ce n’est pas un luxe réservé à quelques-uns, ce n’est pas un accès qui ne serait pas permis à tous. Non. Au fond, cette communion, elle n’a rien d’élitiste. Cette communion, elle est tout aussi forte pour chacune et chacun d’entre nous. Et notre devoir, c’est bien de permettre à chacune et chacun d’entre nous de lire ces pages, de voir ces paysages, d’être ému à ces spectacles. C’est cela, notre devoir. »

Pour ces raisons, la culture est au cœur du projet français, du projet républicain, et renouer avec ce projet passe le renforcement et l’ouverture à toutes et tous de la culture en France. « Mon projet politique, c’est un projet d’émancipation. Je veux que chacune et chacun puisse avoir les moyens de réussir, d’accéder, de sortir de sa condition, y compris sur le plan culturel. Et donc, ma politique culturelle, mon projet culturel est un projet politique en ce que c’est un projet d’émancipation, de sortie justement de son assignation à résidence. »

Ce projet culturel s’articule sur deux axes, le premier étant la protection et le renforcement de l’écosystème culturel français, et le second l’ouverture de l’accès à la culture.

Propositions

Protéger l’écosystème français

« Je veux porter au niveau européen une vraie politique, un vrai marché unique du numérique et de la culture». Il est indispensable de reconnaitre qu’une partie de la question de la défense de notre culture et de notre modèle culturel se joue au niveau européen. La réalité est en effet que la France n’a pas la taille critique pour faire plier des plateformes dépassant parfois le milliard d’utilisateurs. Mais la réalité est aussi que ces plateformes ne peuvent pas se passer du marché européen.

C’est donc le bon niveau pour les encadrer, les réguler et pour les contraindre à participer au financement du commun. Le premier enjeu, c’est donc une fiscalité européenne des grands acteurs du numérique. « Quand on a un commun il faut le financer, ils doivent donc payer l’impôt comme les autres. Je me battrai, on a commencé à le faire au niveau national, il faut le faire au niveau européen ». Cette politique européenne de la France sera aussi orientée vers la mise en place d’un cadre légal et régulateur adapté.

Le cadre légal doit permettre de mettre fin à la situation actuelle où les plateformes numériques, du fait d’un quasi-monopole sur les nouveaux « tuyaux », payent une misère ou le plus souvent ne payent pas les producteurs de contenus. Sur la production du droit qui doit permettre de sortir de cette « loi de la jungle » la France doit être leader car « sur le sujet des droits voisins, sur le sujet de l’auteur et de ce qu’est l’auteur, il y a une vraie vision française ». Les droits voisins constituent un point clé de l’arsenal législatif qu’Emmanuel Macron souhaite parce qu’il permettra de mieux rémunérer les producteurs de contenu face aux plateformes. Enfin, le cadre régulateur européen doit également permettre de « protéger les données individuelles, [de] protéger la manière de valoriser sur le plan économique ces données ».

Au niveau national, la politique culturelle d’Emmanuel Macron passera par le maintien et le renforcement de l’écosystème culturel français. « Le budget de la culture [sera] un budget constant tout le long du quinquennat ». La protection sociale des intermittents sera préservée et les dispositifs de financement de la production renforcés. D’une manière générale, l’écosystème sera encore enrichi par la politique d’universalisation de l’assurance chômage et de la formation. Celle-ci permettra une mobilité forte vers et depuis le secteur de la création culturelle, participant à donner à tous l’opportunité d’y contribuer.

Ouvrir l’accès à la culture

Le premier lieu de la culture est  l’école.  Il est « absurde [de] séparer l’école de la culture, [de] considérer l’école comme un moyen et la culture comme une fin, [de] ne pas voir que les deux sont également nécessaires pour vivre libre, et que les deux sont également nécessaires à tout le monde ». Le rôle de l’école dans l’accès à la culture doit être renforcé afin de renforcer son message et afin de donner le goût de la culture dès le plus jeune âge. « A l’école, je souhaite que 100 % des enfants aient accès à l’éducation artistique. C’est un élément de justice parce que beaucoup d’enfants ne vont pas dans ces conservatoires ou ces clubs ». La mise en œuvre de cette politique passera par la création de centres artistiques inter-établissements en lien avec les acteurs culturels locaux.

Le second lieu de la culture accessible à tous, c’est la bibliothèque. Aujourd’hui, notre pays dispose de 7 100 bibliothèques qui dans leur immense majorité sont fermées après 18H en semaine et tous les weekends. Ce formidable réseau d’infrastructures est donc fermé à l’immense majorité de son public, aux lycéens, aux étudiants et aux actifs. « C’est une vraie inégalité parce que c’est le plus modeste qui en a besoin ». Pour Emmanuel Macron, c’est le rôle de l’Etat de corriger cette inégalité et d’ouvrir les bibliothèques  le soir et le weekend, ainsi que cela se fait par exemple au Danemark. « C’est fondamental parce que si vous ne le faites pas, vous ne laissez même pas le privé le faire, vous laissez des enfants s’enfermer chez eux, ne pas avoir accès à la culture, ça, c’est un vrai crime, ça, c’est un vrai problème ».

Enfin la troisième proposition clé du projet d’ouverture à tous de la culture d’Emmanuel Macron, c’est la création d’un Pass culturel de 500€ attribué à chaque jeune lors de sa majorité, sur le modèle de ce qu’a fait Matteo Renzi en Italie. Le but politique de cette mesure est de « reconnaître le fait que vous devez pouvoir faire votre chemin dans la culture. Et c’est le jeune, l’individu qui est responsable justement à ce moment-là du choix qui sera le sien ».

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