icon-hamburger-dark
Donner

La lutte contre le chômage

« Un chômeur n’a pas choisi d’être au chômage, et donc il faut d’abord se mettre en situation de recréer le maximum d’emplois dans notre économie, de faire des réformes de fond comme celle qu’on a évoquée sur les Prud’hommes, avant de dire on va botter le train des chômeurs, qui sont des fainéants, et qui ne retournent pas au travail, il faut aussi se garder des idées faciles. »

Accédez à la synthèse de cet article

Partagez cet article

Diagnostic

Une responsabilité collective

Aujourd’hui la France fait face à 10% de chômage, le taux le plus élevé jamais atteint ces dernières décennies. Même en période de croissance soutenue, le taux de chômage en France n’est jamais retombé sous les 7% depuis 1983. Le taux de chômage moyen ces trois dernières décennies a atteint les 9%. 600 000 chômeurs en plus depuis le début du quinquennat, « ce n’est pas un succès » affirme l’ex ministre de l’Economie Emmanuel Macron face à Jean-Jacques Bourdin sur RMC. Mais il déclare aussi que c’est « une responsabilité collective » : les gouvernements successifs n’ont « pas assez investi dans la politique industrielle du pays » et il faut savoir s’armer de patience car « les choses fondamentales qui ont été faites depuis 2012 prennent du temps ».

Un système inadapté

La France est l’un des quatre pays qui n’a pas réduit son niveau de chômage au cours de l’année écoulée. C’est sans doute le résultat d’un système inefficace ou « inadapté ». Pour Emmanuel Macron, ce système « a été construit pour ceux qui occupent un CDI dans un grand groupe ». Or « seulement 13 % des embauches se font en CDI. Le reste, c’est une hyper précarité ». Il faudrait donc assouplir ce système si nous voulons une évolution. Emmanuel Macron veut se garder des « idées faciles ». Le pays a besoin d’une réforme, novatrice et ambitieuse, et cela passe notamment par le fait qu’il faut « s’adapter plus facilement ». « On ne peut pas dire que l’on a tout essayé contre le chômage car ce n’est pas vrai » affirmait-il avant de proposer ses projets. Il veut bousculer les barrières « mentales et réglementaires » afin d’apporter une nouvelle impulsion et de réduire le chômage.

La question des jeunes

Autre point indispensable dans la lutte contre le chômage : la question du chômage des jeunes. L’ex ministre de l’économie, lors d’une rencontre avec des jeunes diplômés de banlieue en février dernier, affirma qu’il n’était pas en faveur d’une « politique de l’assistance ». « Un jeune n’a pas envie qu’on l’assiste. Ce qui est insupportable, quand on vient d’un quartier, c’est de considérer qu’on est un public éligible à des mécanismes d’aide. Moi, je leur parle création d’entreprises ». Emmanuel Macron veut valoriser le talent de ces jeunes et estime que « l’amélioration passera plus par un changement de culture que par un texte de loi ».

Action

Principes

La défense de la valeur travail

Le travail est « ce qui permet de vivre, de s’émanciper, de nouer des liens avec les autres. Et c’est pourquoi le chômage est notre première bataille. Toutefois, le plein emploi seul ne permettra pas à notre pays de retrouver confiance : il faut donner à chacun du travail, il faut aussi donner à chacun des perspectives, une carrière, un avenir. »

Plus de flexibilité

Emmanuel Macron considère donc que le chômage ne pourra se résorber que par une flexibilisation et un assouplissement du système français. Dans sa loi éponyme, aussi appelée « Loi pour la croissance et l’activité », il propose une procédure plus rapide et plus simple de licenciement, pour faciliter l’embauche en CDI. Il estime que « les CDI sont trop compliqués à rompre », c’est-à-dire que du point de vue de l’employeur, la seule différence entre le CDD et le CDI est la condition de rupture. La situation actuelle pousse en effet les patrons à surpayer les CDD par truchement pour éviter les complications liées à la rupture d’un CDI. « Si l’on veut donner à tous la possibilité d’avoir un CDI, il faut réduire cette différence. Cela commence par les prud’hommes. C’est là où se terminent près d’un tiers des licenciements, avec des procédures qui durent souvent plusieurs années ». Emmanuel Macron affirme « je mettrai en œuvre un plancher pour les dommages et intérêts accordés dans ce cadre ».

La formation des chômeurs, oui…

« Il y a 700 000 chômeurs qui n’ont pas le niveau CAP, il y en a un million qui ont le niveau bac ou moins, donc c’est un problème, et eux, il faut les aider à se qualifier pour retrouver un emploi » a déclaré Emmanuel Macron. Celui-ci plaide pour davantage de formation pour les chômeurs peu qualifiés, alors que dans la plupart des cas « on formait les gens qui avaient déjà une formation »« Nous devrons systématiser l’apprentissage pour toutes les formations professionnelles jusqu’au baccalauréat, concentrer les ressources vers les bas niveaux de qualification et donner plus de poids aux branches professionnelles pour se former au métier choisi. » 

…mais pas uniquement

Le fondateur d’En Marche veut aller plus loin en partant du principe qu’il faudrait « lever les freins à l’entrepreneuriat individuel ». Dans certaines professions, des personnes auraient des « qualifications excessives » ou du moins n’auraient pas besoin d’une si longue formation. Emmanuel Macron prend l’exemple d’un artisan restaurateur ou d’un coiffeur qui n’auraient pas besoin de faire des années d’études pour faire marcher leur commerce. « Il faut valoriser les métiers, aider les artisans au quotidien et en même temps, considérer qu’il y a des sphères d’activités où on peut créer plus facilement son entreprise sans mettre les barrières à l’entrée. » Selon lui, on ne peut lésiner sur « tout ce qui touche la santé et la sécurité des consommateurs et des travailleurs » et qui nécessite des qualifications. « Pour le reste, il faut qu’on libère la possibilité de créer sa propre entreprise. »

Propositions

La loi Macron pour aller plus loin

Depuis le lancement de la Loi pour la Croissance et l’Activité, des emplois ont pu être créés. Face à Jean-Jacques Bourdin sur RMC, Emmanuel Macron fait ce constat : « Depuis qu’on ouvre le dimanche, on me disait : “On a créé deux cent cinquante emplois”, juste au Centre Beaugrenelle. Je prends l’exemple des autocars, on a beaucoup raillé cette mesure. À elle seule, elle a déjà créé près de deux mille emplois directs ». Mais l’ancien ministre de l’économie porte avant tout la volonté d’assouplir les licenciements et de raccourcir les procédures aux prud’hommes. Il faut « armer les entreprises face aux brusques changements de conjoncture en leur donnant les moyens de négocier plus facilement des accords ». En résumé, la lutte contre le chômage repose sur « prud’hommes, négociations au niveau de l’entreprise pour le temps de travail, libération justement de l’entrepreneuriat et de la croissance de l’entreprise – fondamental pour celles et ceux qui nous écoutent », et ce sont là « des vraies choses ».

L’ouverture de l’assurance chômage

Afin de permettre plus de mobilité, il faut instaurer des filets de sécurité qui protègent ceux qui ne se sentent pas bien dans leur travail. C’est pourquoi Emmanuel Macron propose l’ouverture de l’assurance chômage.

Pour les démissionnaires « afin de les accompagner dans une démarche de formation et de requalification. À ce titre, l’« assurance chômage » changerait de nature. Il ne s’agirait plus, à strictement parler, d’une assurance, mais bien de la possibilité de se voir financer par la collectivité des périodes de transition et de formation : un droit universel à la mobilité professionnelle. » 

Mais aussi pour les « indépendants, commerçants et artisans, surtout au moment où la différence entre salariat et travailleur indépendant s’estompe dans la nouvelle économie de services. »

Le niveau des allocations chômage

Emmanuel Macron considère que le débat ne doit pas se porter sur la dégressivité des allocations chômages car ce n’est pas le sujet prioritaire et parce que beaucoup d’hommes politiques avec cette proposition « sous-entendent que la mobilité professionnelle se fera toute seule et que les chômeurs le sont plus ou moins par leur faute. »

Par contre, « le plafond des indemnités, aujourd’hui très supérieur à la moyenne de l’UE, sera revu à la baisse ». Il est aujourd’hui de 6200€ en France contre 2300€ en Allemagne et seulement 1200€ en Italie. 

Une formation renforcée

Le système de formation devra être transparent et efficace. « Nous devons offrir une large palette d’options – de la formation courte, sur quelques semaines, pour maîtriser une technique indispensable, à une formation longue, sur un ou deux ans, pour permettre de véritables reconversions. Pour ce faire, le système sera plus transparent, doté d’un vrai système d’évaluation et de publication des résultats, en termes de retour à l’emploi. Surtout, tous les actifs devront pouvoir bénéficier de ressources pour se former et pouvoir s’adresser directement aux prestataires de formation, sans intermédiaire. »

En échange des contreparties seront demandées aux bénéficiaires. « Nous renforcerons les contrôles et les exigences de recherche d’emploi et de formation pour nous assurer de la bonne utilisation de ces fonds. (…). L’équation est claire : au bout d’un certain temps, qui ne se forme pas n’est pas indemnisé. Et à l’issue de la formation, qui n’accepte pas une offre de formation raisonnable n’est plus indemnisé. »

Article précédent Article suivant

Partagez cet article

Fermer

Retrouvez ici très bientôt la synthèse de cet article.