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Donner

La lutte contre les discriminations

« Si l'on est jeune et que l'on a un prénom à consonance arabe, réputé d'origine musulmane, on a quatre fois moins de chances d'avoir un entretien d'embauche, et presque trois fois moins de chances d'en obtenir un lorsqu'on a un prénom à consonance juive, que lorsqu'on a un prénom plus "classique" ».

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Diagnostic

Une société de fermetures

La situation de la France au regard des discriminations n’est pas satisfaisante. En particulier concernant les discriminations à l’embauche et dans l’emploi. « Il y a dans notre pays, des barrières, des plafonds de verre » explique Emmanuel Macron. En effet, un jeune en France a une chance sur cinq d’être durablement au chômage.

« Pire, si l’on est jeune et que l’on a un prénom à consonance arabe, réputé d’origine musulmane, on a quatre fois moins de chances d’avoir un entretien d’embauche, et presque trois fois moins de chances d’en obtenir un lorsqu’on a un prénom à consonance juive, que lorsqu’on a un prénom plus « classique » ».

Ces données statistiques, issues de l’étude de l’Institut Montaigne d’octobre 2015, sont édifiantes. Ainsi, même avec un diplôme du supérieur, les jeunes issus des zones urbaines sensibles restent encore très discriminés à l’embauche (50% de jeunes des « quartiers » sont au chômage).

Une société en mutation

Dans notre société en mutation, qui connaît une révolution numérique sans précédent, la guerre des talents devient un enjeu majeur. Les défis sont économiques et sociaux. Nos usages, notre façon d’innover et notre façon d’entreprendre sont transformés par cette révolution économique. « Cette grande transformation du monde implique de créer partout où c’est possible le maximum d’emplois et d’attirer les talents pour pouvoir créer des emplois à forte valeur ajoutée ». Sortir du statut quo et d’un taux de chômage à 10% de la population (dont 25% de jeunes) devient alors indispensable pour faire en sorte que la France gagne dans cette mondialisation.

Or, les statistiques analysant le profil des jeunes entrepreneurs, notamment les fondateurs de start-up, soulignent que la majorité de ces derniers est issue de milieux aisés. Il reste toujours plus facile aujourd’hui de se lancer dans un projet entrepreneurial avec la part de risques souvent élevés que celui-ci implique lorsque la famille, les parents, sont là pour aider – fournissant en quelque sorte « l’assurance-risque » pour se lancer. Face à ces inégalités de naissance ou de départ, il est nécessaire de proposer une remise à plat la plus juste possible.

Afin de permettre à chacun de s’émanciper, il convient d’inventer les mécanismes de demain qui permettront de niveler l’impact des inégalités de naissance et de manière générale des inégalités qui naissent des déterminismes sociaux en ce qu’elles constituent des freins à la capacité d’entreprendre et de choisir sa vie.

Une société de la diversité pour plus d’efficacité

Les discriminations représentent un coût pour ceux qui en sont victimes mais aussi pour les entreprises. En discriminant, celles-ci se détournent d’une amélioration de leur performance et de leur compétitivité, car « elles se privent d’une part de la société française ». Ainsi, d’après un rapport de France Stratégie de septembre 2016 : « La réduction des écarts de taux d’emploi et d’accès aux postes élevés permettrait un gain de 6,9 % du produit intérieur brut (PIB), soit environ 150 milliards d’euros sur la base du PIB français de 2015 ». Il y a donc un aspect moral à la lutte contre les discriminations, car celles-ci sont illégales et contreviennent à l’égalité des chances, mais il y a aussi un aspect rationnel d’efficacité économique.

 

Action

Principes

Promouvoir l’égalité réelle :

L’opposition entre égalité formelle et égalité réelle exprime le fait que l’égalité en droit prévue par la Déclaration de 1789 n’a pas vraiment de sens lorsque certains individus n’ont même pas les moyens d’assurer à peu près correctement leurs conditions matérielles d’existence. Etre tous traités de la même manière par la loi (égalité formelle) cela ne signifie pas avoir tous les mêmes conditions matérielles minimales d’existence (égalité réelle).

Promouvoir l’égalité réelle passe par la simplification des normes. « Quand on simplifie, on donne un accès ». On a trop souvent « fermé les choses, en mettant des règles, en protégeant ». Les plus fragilisés socialement en souffrent car ce sont « ceux pour qui c’est le plus difficile de rentrer dans les règles, pour se déplacer, avoir le permis de conduire, se former, se repérer, trouver un stage, un emploi ». Il faut ainsi renouer avec la liberté afin de redonner une réelle égalité d’opportunités pour tous.

Intégrer davantage 

Ouvrir le processus de recrutement à des profils nouveaux et variés est dans l’intérêt des entreprises. Pour cela, il faut les inciter et les encourager à intégrer davantage, si besoin en les récompensant. Telle est d’ailleurs l’idée du Trophée du « Top Ten des recruteurs de la diversité », lancé le 05 février 2016 par Emmanuel Macron. Les meilleures pratiques en matière de recrutement se voient ainsi valorisées.

Valoriser l’expérience 

Valoriser l’expérience et les compétences davantage que le diplôme et laisser plus de place à l’initiative sont des pistes qui doivent guider l’action publique. La jeunesse inventive, qui veut créer et qui veut s’en sortir doit ainsi trouver facilement les moyens de le faire. « Quand on a envie de réussir, on doit pouvoir le faire d’où qu’on vienne, en fonction de son mérite et de son engagement ».

Propositions

Détecter les comportements discriminants

Renforcer les pratiques en matière de « testing » des entreprises est une nécessité. Cette technique vise à simuler des situations réelles pour identifier de possibles pratiques discriminatoires. La méthode consiste donc à envoyer aux entreprises des CV identiques mais en faisant varier les origines géographiques ou ethniques des candidats. « Il faut être beaucoup plus dur, ce ne l’est pas assez dans la pratique », a ainsi déjà préconisé Emmanuel Macron. Le but est d’identifier et de sanctionner les entreprises qui discriminent.

Favoriser l’entrepreneuriat 

Favoriser l’entrepreneuriat peut être une réponse pour les jeunes des quartiers sensibles qui sont deux fois plus au chômage que les autres. En effet, c’est une forme d’insertion dans l’économie et cette entrée dans la vie professionnelle peut et doit pouvoir se faire par le travail indépendant. L’autonomie individuelle et la mobilité peuvent ainsi redonner des perspectives à ces jeunes qui voient bien souvent leurs « vies bloquées ». Il faut leur donner la possibilité de réussir et, pour cela, il faut que l’Etat cesse de « tout paramétrer, de bloquer ». Lutter contre les inégalités d’accès devient alors une priorité.

Moderniser notre système de qualifications 

Redonner des chances et des accès passe par un système de qualifications plus performant. Pour cela, il faut le renforcer et le transformer. « On a besoin de plus d’écoles tournées vers des métiers spécifiques d’avenir, vers des savoir-faire qui recrutent à tous les niveaux ». Les jeunes doivent pouvoir accéder, plus aisément, aux nouveaux métiers et aux nouvelles qualifications qui se développent. De même, pour ce qui concerne ceux qui souhaitent créer leur entreprise, il faut « leur donner la bonne formation », notamment pour éviter le risque de défaillance. « Le défi est de mettre tout le monde en situation de réussir comme il veut » pour ainsi renouer avec le principe républicain d’« élever chacun au-delà de ce qu’il est ».

 

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