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Donner

La stratégie industrielle

« Il faut remettre l'industrie au cœur de notre économie, et l'Homme au cœur de l'industrie. »

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Diagnostic

Le mal industriel français

À partir des années 1990-2000, dans le contexte de la mondialisation des échanges commerciaux, l’industrie française a manqué le tournant de la mondialisation de son appareil productif, de la montée en gamme et de la robotisation. Emmanuel Macron considère que « l’État a commis une double erreur. La première a été de penser durant les années 90 qu’il ne devait plus y avoir de politique industrielle, dans une sorte de fascination pour le “fabless”, les services et le monde financier. La seconde a été l’idée qu’on pouvait intervenir sur des secteurs, faire du colbertisme ponctuel, sans se préoccuper des conditions macro-économiques ».

Ces erreurs ont un coût : en 25 ans, l’industrie française a perdu 30 % de ses effectifs, soit près de 1,5 millions d’emplois, et la part des entreprises du secteur industriel dans la production de richesse à l’échelle nationale a été réduite de moitié (de 24 % à 12,4 % du PIB). De plus, l’écosystème des PME (petites et moyennes entreprises) et ETI (entreprises de taille intermédiaire) a été fragilisé parce qu’« on n’a pas réussi à consolider nos PME et à les faire grandir ».

Un secteur stratégique

L’industrie joue un rôle essentiel dans l’économie : elle génère 266 milliards d’euros chaque année, soit 12,4 % du PIB. Les produits industriels représentent 96,5 % des exportations. L’industrie supporte en grande partie l’effort d’innovation : elle représente 76,6 % du total des dépenses annuelles de R&D (recherche et développement) engagées par des entreprises, soit 23,5 milliards d’euros, contre 7,2 milliards pour le reste de l’économie. Enfin, l’emploi dans l’industrie, plus qualifié que la moyenne, a un effet multiplicateur : un emploi dans l’industrie génère trois ou quatre emplois hors du secteur industriel.

Action

Principes

Un renouveau industriel

Conscient que l’industrie est indispensable à notre économie, Emmanuel Macron estime que « le choix qui est aujourd’hui le nôtre, collectivement, c’est bien d’accélérer la renaissance industrielle de notre pays ». Il plaide pour une politique industrielle intégrée, concertée et durable : « La vraie politique industrielle, c’est une réconciliation de l’ensemble des forces productives : les actionnaires, les salariés, les dirigeants, la collectivité publique ». Surtout, « il faut revenir à des logiques de long terme et de construction » et « continuer à investir, investir dans l’appareil productif français, investir dans le capital humain que sont nos jeunes et nos moins jeunes parce qu’ils feront précisément l’entreprise, l’industrie d’aujourd’hui et de demain ».

Repenser la politique de formation

Investir dans la formation est essentiel pour que les salariés aient pleinement leur « place » dans l’appareil productif. Proposer une formation tout au long de la vie « permet d’armer chacun face aux changements et d’enlever la peur ». De plus, « le modèle où on pouvait avoir le même emploi tout au long de la vie dans la même entreprise va devenir une réalité de moins en moins partagée ». Il s’agit d’accompagner les salariés dans les mutations qui affectent leurs métiers « pour que celles et ceux qui étaient justement dans des tâches parfois répétitives puissent passer à des tâches de plus grande valeur ajoutée » et « s’adapter eux-mêmes au numérique ».
Sur le dossier de la formation, Emmanuel Macron souhaite « aller beaucoup plus loin pour la penser en profondeur, parce qu’elle est l’une des conditions même de notre réussite ». Il considère qu’ « il faut de nouvelles formes de formation » et « de l’innovation » dans ce domaine. Cela passe notamment par une approche intégrée avec l’ensemble des acteurs de la formation et des entreprises.

Propositions

Moderniser

S’agissant de la modernisation de l’appareil productif, c’est-à-dire de l’investissement en technologies de pointe, Emmanuel Macron considère que « nous avons rattrapé une bonne partie de notre retard compétitivité-coût des années 2000 ». Cela a été rendu possible par les dispositifs incitatifs mis en place par le gouvernement depuis 2013 : pacte de responsabilité, crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), dispositif de sur-amortissement fiscal. Emmanuel Macron souhaite faire évoluer ces dispositifs afin d’accélérer la modernisation de l’outil de production et de gagner encore en compétitivité.

L’État au cœur de la transformation digitale

À son arrivée à la tête du ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, Emmanuel Macron a donné un second souffle au projet de Nouvelle France Industrielle (NFI). Après un audit des plans de reconquête industrielle, il a paru nécessaire de « les concentrer pour se donner des priorités » : « nous avons donc repensé ces 34 plans autour de familles de neuf solutions industrielles ». « La matrice de ces neuf solutions, c’est l’Industrie du Futur » : un « programme transversal pour faire monter en gamme l’ensemble de notre tissu industriel, toutes nos entreprises ». Deux milliards d’euros d’aide publique ont déjà été engagés pour soutenir 1000 projets industriels innovants. Au total, si on prend en compte les aides fiscales, les investissements en fonds propres comme en dette portés par la Banque publique d’investissement (BPI France), ce sont dix milliards d’euros de mobilisation d’argent public au profit de la Nouvelle France Industrielle.

L’Industrie du Futur repose sur une « alliance d’industriels », qui permet « de mailler tout le territoire », et accompagne les entreprises pour « robotiser, digitaliser, revoir les organisations, les aider aussi à inventer, grâce à ces nouvelles technologies, de nouveaux business models ». Aujourd’hui, 1500 TPE et PME sont déjà engagées dans ce processus ; il y en aura 2000 d’ici la fin de l’année.

Une simplification administrative et fiscale

« Nous avons un véritable sujet d’attractivité : nous ne sommes pas assez compétitifs au plan fiscal et des pays sont plus avantageux sur le plan réglementaire ou de la gouvernance ». Emmanuel Macron considère qu’« il nous faut absolument des règles plus stables et prévisibles, une situation fiscale plus attractive et une gouvernance irréprochable ». C’est pourquoi il souhaite « aller plus loin que la loi El Khomri » en matière de droit du travail, afin de « privilégier des négociations salariales au plus proche de la situation de l’entreprise » et d’élargir « le champ de la négociation collective au niveau de l’entreprise » à d’autres domaines que celui du temps de travail.

Les entreprises disposeront d’une visibilité fiscale. C’est ce que propose Emmanuel Macron dans son livre Révolution« Une fois une réforme engagée, ne modifions pas les mesures prises et laissons-les s’appliquer avant de les évaluer ; engageons-nous à ne pas modifier plusieurs fois un même impôt au cours du quinquennat ».

Renforcer les liens entre université et entreprise

L’excellence de notre recherche n’est pas suffisamment valorisée : pour permettre l’émergence de l’industrie française du futur, il faut transformer l’excellence scientifique en innovations puis en succès commerciaux pour la France. « Sur la R&D, nous sommes compétitifs parce qu’on a une recherche académique efficace mais l’interaction entre l’écosystème académique et entrepreneurial doit encore s’améliorer, même si, ces quinze dernières années, elle a beaucoup progressé ». Emmanuel Macron pense que l’État a un rôle à jouer pour favoriser la collaboration de l’ensemble des acteurs de la chaîne de l’innovation. La création d’un écosystème plus structuré de l’innovation permettra l’émergence d’entreprises innovantes, créatrices de valeur et d’emplois, et contribuera au rayonnement international de nos universités et de nos pôles de compétitivité, de nos entreprises autant que de nos laboratoires de recherche.

Réduire le coût du travail

L’industrie souffre aussi d’un coût du travail trop élevé. Emmanuel Macron considère, dans son livre Révolution, qu’il est important d’amplifier l’effort de réduction des charges initié par le gouvernement actuel. « Je transformerai le CICE en allègements de charges et je déciderai d’autres allègements ou suppressions de cotisations sociales patronales. Des économies sur la dépense publique et une fiscalité plus incitative, notamment sur la pollution ou la consommation, seront décidées pour financer cela. »

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