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Donner

Le Brexit

« Depuis le « non » français et néerlandais jusqu’à aujourd’hui, il y a une décennie –, où il y a eu de la tétanie dans beaucoup d’États membres, on n’a pas su faire de nouvelles propositions et on a géré les crises. Il y a eu des avancées sur le plan technique, mais sans jamais re-projeter les opinions publiques vers un projet commun, vers un projet politique. »

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Diagnostic

La victoire des Eurosceptiques : un événement qui nous concerne tous

Le Brexit est avant tout «l’échec du gouvernement britannique», favorable au «Remain» et dont la politique suscitait de plus en plus de critiques dans l’opinion. Mais Emmanuel Macron estime également que les États membres et la Commission européenne ont commis l’erreur d’avoir laissé un État membre «prendre en otage le projet européen de manière unilatérale» et, ainsi, «chorégraphier ces derniers mois la possibilité du délitement européen». La politique menée en Europe depuis dix ans a permis aux eurosceptiques de gagner du terrain. La gestion «technique» s’est faite au détriment d’un effort pour «re-projeter les opinions publiques vers un projet commun, vers un projet politique».

Certes, la Grande-Bretagne est divisée : «il y a une Grande-Bretagne qui est heureuse dans la mondialisation et l’Europe, elle a voté pour le “Remain”, c’est Londres, l’Ecosse et l’Irlande du Nord ; et il y a une Grande-Bretagne qui a peur de la mondialisation, qui ne s’y retrouve pas». Mais «les autres États membres de l’UE ont un problème similaire à cause de leur incapacité à rassembler face aux défis de la mondialisation».

Finalement, le Brexit met en évidence deux problèmes de fond : tout d’abord, « une Europe ultralibérale », contre laquelle « on s’est peut-être insuffisamment battu ou face à laquelle on n’a pas suffisamment proposé » ; ensuite, « une Europe qui est obsédée par ses différences internes » et « qui ne sait plus pourquoi elle s’est constituée comme un ensemble commun ».

Les conséquences du Brexit

Sur le plan économique

Le « Brexit » ouvre une période de grande incertitude. La portée de l’impact économique du « Brexit » est difficile à évaluer, mais une étude de l’OCDE1 estime à 5 % l’impact négatif sur le PIB du Royaume-Uni à l’horizon 2030. Trois raisons permettent d’anticiper un ralentissement de la croissance : le report des investissements (-10 % de l’investissement productif en 2017 et 2018 selon l’OCDE), la baisse de la consommation (les ménages augmenteront leur épargne de précaution) et la baisse du revenu par tête (qui, selon une étude de la London School of Economics, pourrait atteindre £ 1 700 par personne entre 2015 et 2030). Plus généralement, la défiance des investisseurs étrangers après le Bexit pourrait entraîner un ralentissement des entrées de capitaux et une baisse des investissements venus de l’étranger. Cela aurait pour effet de limiter la croissance à long terme.

Sur le plan politique

Si l’impact économique du Brexit sur la zone euro devrait rester limité, l’impact politique est, quant à lui, beaucoup plus important. Encouragés par la sortie de l’UE du Royaume-Uni, les partis populistes multiplient leurs appels pour l’organisation de référendums. L’euroscepticisme se nourrit de la défiance croissante dans les institutions européennes. Pour parer au risque de fragmentation, voire d’implosion, de l’Union européenne, et éviter qu’une histoire qui a commencé en 1951 ne prenne fin, Emmanuel Macron estime qu’ « il faut aller vite ».

Action

Fermeté et volonté de penser autrement

Il faut être ferme avec le Royaume-Uni : « Il n’y a pas d’autre sortie possible que par l’article 50 », a-t-il déclaré lors de la présentation de son projet européen à Sciences Po Paris, le 25 juin 2016. « II faut que ce soit sérieux, que ce soit grave », pour éviter que cet épisode « n’emporte aucune conséquence », sans quoi « d’autres États membres se trouveront des vocations pour être non-coopératifs ». Il faut également proposer autre chose que la simple gestion. Emmanuel Macron reprend à son compte le triptyque de Jacques Delors, ancien président de la Commission européenne, selon qui le marché unique est « la concurrence qui stimule, la coopération qui renforce et la solidarité qui unit ». Emmanuel Macron estime qu’ « il faut des éléments de solidarité et des transferts ». La Commission, le Parlement européen, les États membres sont-ils prêts à articuler « le bon diagnostic » et un projet conçu « de manière beaucoup plus démocratique et transparente » ?

Une Europe à la fois ambitieuse et protectrice

La question de la concurrence ne se pose pas seulement à l’intérieur des frontières de l’Union européenne. « Il y a des Chinois qui constituent des géants mondiaux ; les Américains constituent des géants … » : il est nécessaire de définir une politique commerciale qui tienne compte de cette situation et qui défende les intérêts de l’Union européenne. Certains risques exigent une réponse au niveau européen : « les risques liés au numérique, les risques migratoires, les risques géopolitiques, le changement climatique, et toutes les grandes transitions que l’on est en train de vivre, tout ce qui fait peur à notre population ». Les règles, qui restent à inventer dans ces domaines,
permettront de « donner corps » à une véritable « souveraineté » européenne.

« Libérer la parole sur l’Europe »

Refonder le projet européen passe moins par un nouveau traité soumis à référendum que par l’organisation de débats au sein d’une convention démocratique, « afin de libérer la parole sur l’Europe, redonner confiance et éclairer le débat ». Les élections présidentielles et générales qui auront lieu entre le printemps 2017 et le printemps 2018 en France, en Allemagne et en Italie seront l’opportunité d’un débat démocratique, et d’un vrai débat politique. Des référendums sur le sujet seront par la suite envisageables à la condition qu’ils « portent sur des projets ».

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