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Donner

Le financement des entreprises

« Nous devons réussir collectivement à réorienter les modes de financement de notre économie, d'une économie de financement par la dette, à une économie de financement par les fonds propres. »

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Diagnostic

Un problème en forme de paradoxe

La France a du mal à financer son économie réelle, alors même qu’elle dispose d’une épargne financière en quantité : « il y a 3 600 milliards d’euros d’épargne financière, et nous sommes l’un des pays qui a le plus de difficultés à financer son innovation, la croissance de ses entreprises, plus largement les fonds propres ». Le problème est que l’épargne des Français est mal orientée. Elle n’est pas assez mobilisée au service du financement de notre économie. En France, capital-investissement et fonds propres ne sont pas assez répandus, alors que « l’économie de l’innovation a besoin d’une structure de financement plus orientée vers les fonds propres ».

Des problèmes spécifiques à chaque type d’entreprise

Toutes les entreprises ne sont pas à égalité face à ce problème. Les grandes entreprises vont chercher des capitaux à l’étranger : elles se développent et se financent « avec en moyenne, et c’est stable depuis une dizaine d’années dans le CAC40, environ 65 %, une base actionnariale étrangère ». Dans l’industrie en revanche, les entreprises sont « freinées dans leur croissance » et c’est pourquoi « ce problème de financement a un coût macroéconomique ». Pour les start-up, la situation est encore plus préoccupante car le financement est pour elles « une question de vie ou de mort ». Elles sont d’ailleurs souvent contraintes de s’expatrier « à défaut de pouvoir trouver un financement en France ».

Des délais de paiement excessifs

Ils sont, aux yeux d’Emmanuel Macron, « une lèpre pour notre économie ». Le financement des entreprises est depuis longtemps mis à mal par « trop d’excès en la matière ». Les entreprises, surtout lorsqu’elles se trouvent dans des situations à risques (nouveaux marchés, investissements…), sont très dépendantes d’une trésorerie équilibrée. Or « il y a, chaque année, près de 15 000 défaillances qui sont liées précisément à ces délais de paiement excessifs ». Les TPE/PME sont les premières concernées : l’assèchement de leur trésorerie est une des causes principales de défaillance.

Action

Principes

Répondre aux défis d’aujourd’hui

L’économie numérique repose sur l’innovation, et souvent sur l’innovation disruptive. Le propre de cette économie, c’est « d’aller chercher des fonds propres, extrêmement rapidement, à un niveau parfois important ». Or « nous gardons des structures de financement qui sont celles d’une économie de rattrapage », « très intermédiée » et alimentée « par un financement par la dette, et par tous les produits d’endettement ». Si le financement par la dette est nécessaire, l’économie de l’innovation nous impose de « réussir collectivement à réorienter les modes de financement de notre économie, d’une économie, au fond, de financement par la dette, à une économie de financement par les fonds propres ».

Se méfier de l’intermédiation et de la régulation

Contrairement aux économies anglo-saxonnes, « 75 % de notre économie passe par ces intermédiaires que sont les banques et les assurances ». Trois formes de régulation pèsent également sur le financement des entreprises : la régulation budgétaire, qui contracte le crédit public ; la régulation bancaire « qui a conduit à progressivement sortir des banques la capacité à financer le private equity et à s’exposer à certains risques » ; enfin, la régulation assurantielle réorientée vers le financement obligataire « avec le dernier-né Solvabilité 2, qui est extrêmement défavorable à une allocation en fonds propres ».

Démocratiser l’actionnariat individuel

L’actionnariat individuel qui a fait la force du capitalisme français dans les années 80 s’essouffle pour trois raisons : tout d’abord, « il y a une concentration du patrimoine parmi les ménages les plus âgés » ; ensuite, « le temps de remboursement des biens immobiliers s’est allongé » et « les jeunes ménages consacrent une part croissante de leur épargne pour acquérir leur maison ou leur appartement » ; enfin, l’environnement financier est plus complexe, et « c’est une barrière à l’entrée importante ».

Propositions

Étendre les moyens de financement qui existent déjà

La loi croissance, dite aussi « loi Macron » permet aux entreprises de bénéficier de moyens de financement alternatifs. Premièrement, elle encadre la pratique du crowdfunding, qui représente une opportunité supplémentaire pour le financement des entreprises. Ce cadre « permet de sécuriser les différentes parties prenantes ». Il faut continuer de permettre le développement de cette « vraie révolution du financement ». Deuxièmement, elle rend possible le crédit inter-entreprises qui « est une véritable opportunité, en particulier pour les entreprises les plus fragiles ». Cette nouvelle forme de financement doit être pérennisée et son développement accompagné.

Développer de nouveaux moyens de financement

La réforme des bons de caisse représente une avancée majeure qui met fin à « une forme de monopole des banques » : la loi Macron rend possible l’intermédiation de cet instrument de dette, et permet « aux entreprises de pouvoir en financer d’autres, grâce au développement du bon de caisse ». La loi croissance crée également la possibilité « d’investir en capital-investissement dans le cadre fiscal de l’assurance-vie » et, ainsi, « elle aide à réorienter cette épargne française vers le financement en fonds propres ». Emmanuel Macron « espère que l’encours de ce type de produits pourra représenter quelques milliards d’euros ».

Réduire les délais de paiement

En 2013, le délai de paiement  des plus de 70 Md€ que représente chaque année la commande publique a été généralisé à 30 jours (hors hôpitaux et entreprises publiques). Le gouvernement dont Emmanuel Macron a fait partie s’est engagé à réduire encore ses délais de paiement à 20 jours d’ici 2017. En juin 2016, Emmanuel Macron, qui était encore Ministre de l’économie, a affirmé que « les entreprises qui affichent un comportement exemplaire demeurent minoritaires ». Pour lever ce « frein à la dynamique de reprise », son ministère a lancé des procédures de contrôle, des sanctions ont été prises, l’Observatoire des délais de paiement a été relancé.

Des « fonds de pension à la française »

Le projet de loi transparence et modernisation de la vie économique, en discussion au Sénat depuis juillet 2016, comprend plusieurs dispositions pour créer ce qu’Emmanuel Macron appelle « des fonds de pension à la française ». Il s’agit d’assouplir les contraintes prudentielles pesant sur certains régimes de retraite : « les contrats de retraite professionnelle pourront ainsi être réorientés vers les actions ». Cela permettra de renforcer « la participation des ménages au financement de l’économie ».

Donner de la visibilité aux entreprises

Emmanuel Macron s’engage dans Révolution à se montrer particulièrement attentif sur la question de la visibilité fiscale tout au long du quinquennat. « Une fois une réforme engagée, ne modifions pas les mesures prises et laissons-les s’appliquer avant de les évaluer ; engageons-nous à ne pas modifier plusieurs fois un même impôt au cours du quinquennat ».

Réduire le cout du travail

Les réformes engagées pour alléger les charges qui pèsent sur le travail doivent être poursuivies. C’est pourquoi Emmanuel Macron s’engage à « transformer le CICE en allègements de charges et à décider d’autres allègements ou suppressions de cotisations sociales patronales. Des économies sur la dépense publique et une fiscalité plus incitative, notamment sur la pollution ou la consommation, seront décidées pour financer cela. »

 

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