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Donner

L’Egalité des Opportunités

« C’est pour cela que je crois, plus que jamais, à la politique de la concurrence comme un instrument de la liberté et de l’égalité. »

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Diagnostic

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Le constat d’une société duale

Le marché du travail français est fortement segmenté entre les personnes bénéficiant d’un emploi stable (les « insiders ») et celles qui alternent contrats temporaires et périodes de chômage (les « outsiders »). Cette précarité se concentre chez les catégories socialement les plus fragiles (non qualifiés, jeunes, mères de jeunes enfants, personnes d’origine étrangère). Or, « aujourd’hui, la protection est faite pour les insiders ». La coexistence des contrats temporaires et des CDI induit une répartition inégalitaire des risques liés à la conjoncture, qui sont prioritairement supportés par les titulaires des contrats temporaires et donc par les populations les plus fragiles. L’enjeu est d’autant plus fort que les avantages apportés par le CDI s’étendent au-delà du cadre du marché du travail puisqu’un emploi stable permet d’accéder plus facilement à un logement ou à un crédit. « Une société très duale, encore plus difractée, s’est ainsi constituée ».

L’égalité via la liberté

Trop souvent, les notions de liberté et de justice sont opposées. Comme si la notion d’égalité devait se payer au prix d’une restriction de la prise de risque. « En fermant les choses, en mettant des règles, en protégeant, on a fait des victimes les plus faibles, ceux pour qui c’est le plus difficile de rentrer dans les règles, pour se déplacer, avoir le permis de conduire, se former, se repérer, les formations, trouver un stage, un emploi ». Le débat traditionnel de la gauche et de la droite peut d’ailleurs se lire sous ce prisme. En caricaturant, « la gauche, sa mission, c’est l’égalité, donc elle va faire des normes ». De l’autre côté, la droite aurait le monopole de la liberté : « Elle arrive, elle dit : on va enlever telle norme, baisser tels impôts, etc. ». L’idée d’Emmanuel Macron est de réconcilier ces deux notions de liberté et de justice, de cesser de diviser la devise républicaine, « parce que quand on libère, on redonne des accès ». Redonner de l’accès, c’est alors permettre d’assurer à tous une égalité d’opportunité. Non pas une égalité qui viendrait corriger a posteriori, en recréant de facto de nouvelles normes et en renforçant la complication du système. Il s’agit ici d’assurer que « chacun chez soi, d’où il est, quelle que soit sa condition, sa famille, ait les mêmes opportunités à chaque moment de sa vie, puisse accéder aux mêmes choses, et ça passe par la liberté ».

Action

Principes

Rééquilibrer le couple risque-rente

Favoriser la prise de risque répond à une double exigence : une exigence d’efficacité économique, mais également de justice sociale. D’un point de vue purement économique, l’efficacité de nos systèmes repose de plus en plus sur la disruption. Dans un environnement de plus en plus ouvert et concurrentiel, l’innovation est devenue en effet le principal moteur de la croissance, au détriment de la rente. « Il faut donc permettre, valoriser et récompenser la prise de risques ». La prise de risque et le dépassement des situations de rente facilitent la transition vers un modèle productif à la fois plus ancré dans l’ère du numérique et en même temps plus respectueux de l’environnement. Pour réussir cette transition, il est donc nécessaire de réduire les réglementations. Car « au final, on est toujours débordé par les acteurs qui innovent – nous le voyons par exemple avec les nouvelles entreprises de VTC -, car c’est vers eux que les consommateurs vont. Il faut donc lever les barrières réglementaires injustifiées, et aller ainsi vers une société qui accepte le risque ». Emmanuel Macron précise par ailleurs qui il est nécessaire que nous changions notre regard sur l’échec et ainsi « réduire le coût de l’échec ». C’est la raison pour laquelle il a par exemple supprimé l’indicateur 040 du Fiben (liste produite par la Banque de France qui recense les dirigeants d’entreprises qui ont fait l’objet d’un jugement de liquidation judiciaire datant de moins de 3 ans) pour qu’on arrête de stigmatiser ceux qui ont pu échouer.

Rééquilibrer le couple risque-rente, c’est aussi une exigence en termes de justice. « Celui à qui le risque peut profiter, c’est celui justement qui, au départ, n’a rien, ne possède rien, si ce n’est son énergie et son envie, sa volonté d’entrer dans un nouveau marché en innovant ou en construisant quelque chose. À l’inverse, dans les secteurs où la rente est forte, l’insider est protégé et n’est jamais incité à innover. Surtout, ces secteurs sont bloqués et ils demeurent injustement fermés : il est très difficile pour les outsiders d’y entrer ». C’est tout le sens des réformes menées dans les professions réglementées du droit. La prolifération des barrières réglementaires limite la mobilité sociale, et donc l’égalité des chances. Emmanuel Macron prend ainsi l’exemple de la loi dite « Raffarin » de 1996 qui a notamment abaissé à 300m² le seuil de la surface au-delà duquel une autorisation administrative d’implantation de surfaces commerciales est nécessaire. Cette loi avait pour objectif de limiter les ouvertures de surfaces commerciales pour soutenir les petits artisans et commerçants. Selon l’ancien ministre, ces types de loi ont leur utilité mais dans le même temps « elles ont créé des blocages injustifiés, qui ne s’appuient pas sur un facteur de différenciation de la qualité. Certaines personnes ont des compétences, des savoir-faire, mais notre réglementation ne leur permet pas d’exercer. Donc en multipliant les barrières réglementaires, on crée de l’injustice, parce qu’on limite la création d’emplois et on empêche la mobilité sociale ». Il est donc nécessaire de les limiter pour recréer de l’égalité.

Le rôle primordial de l’école

Pour que les Français acceptent davantage de risques, il faut en parallèle que les pouvoirs publics assurent à chacun un filet de sécurité et de solidarité. Ceci est d’autant plus important pour ceux qui n’ont rien. Ce filet de sécurité, qui respecte le couple liberté-sécurité, c’est en priorité l’école. Elle permet en effet de corriger les premières inégalités, celles qui influent sur le reste d’un parcours de vie. « Une société sûre c’est une société où les individus sont formés, où l’éthique collective assure la sécurité par la liberté. Cette société ouverte est à mes yeux fondamentale ».

Propositions

Engager un vaste chantier de simplification

Parce que l’horloge économique accélère, que le savoir, les modes, le capital circulent de plus en plus vite, la maîtrise du temps est l’atout maître du monde moderne. Pour relancer l’économie, la simplification est un outil puissant et simple à mettre en œuvre. Elle coûte peu, ne met personne dans la rue et rapporte beaucoup. Elle participe aussi à la logique de l’égalité des chances. En effet, la complexité avantage les grandes entreprises, qui sont les mieux outillées pour y faire face. En ce sens, elle multiplie les barrières à l’entrée et favorise les rentes de situation. Simplifier va permettre de dynamiser de nombreux secteurs et donc de retrouver presque naturellement de la croissance. « Ce qui vient entraver tous ceux qui osent dans notre pays, on doit le simplifier, le supprimer, le rendre plus lisible, plus transparent pour chacun ». Ainsi, grâce à ce choc de simplification, il sera possible de redonner une véritable « égalité d’opportunité ».

Assurer une formation tout au long de la vie

Pour créer une France plus égalitaire, il est nécessaire pour Emmanuel Macron de corriger les premières inégalités qui se constituent dès le plus jeune âge à l’école. En effet, si l’ancien ministre reconnaît que de nombreuses améliorations ont été réalisées au cours des dernières années, il constate néanmoins que la « réussite scolaire dépend de l’endroit où on est né et de la richesse de nos parents ». Il faut dès lors oser poser les bonnes questions pour que la situation change.

La lutte contre les inégalités s’inscrit par ailleurs dans la recherche d’un accès égal et équitable à la formation tout au long de la vie. Tous les acteurs publics et privés doivent y contribuer notamment grâce au renforcement des partenariats publics et privés à l’échelle de chaque territoire.

La reconnaissance d’une pluralité de voies d’éducation et de formation et leur imbrication dans le long terme constituent une réponse adaptée à la valorisation de tous les âges de la vie. « Notre défi va être de penser les appareils de formation et d’accompagnement pour que, dans une société qui va de plus en plus se polariser, les individus puissent progresser continûment, tout au long de leur vie, et connaître ainsi une mobilité sociale et économique ». C’est le sens du compte personnel d’activité (CPA) qui entrera en vigueur à partir de 2017. Il regroupera les droits acquis par les salariés au cours de leur carrière : formation, pénibilité, chômage… Son objectif : sécuriser les parcours professionnels. Le principe est de rendre portable tous les droits acquis par un salarié durant chaque période de sa carrière.

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