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Donner

L’épargne des Français

« Nous sommes un pays qui a une épargne financière abondante mais qui l’utilise mal. Cela engendre un problème de financement de notre économie réelle ce qui fait que nous sommes l’un des pays qui a le plus de difficulté à financer son innovation, la croissance de ses entreprises, plus largement les fonds propres »

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Diagnostic

L’abondante épargne des Français ne sert pas assez le financement des entreprises

La réputation de « champions de l’épargne » des Français n’est pas usurpée puisque d’après la Banque de France, cette épargne a atteint 3,9 milliards d’euros en 2015. Ce montant correspond à un taux d’épargne brut de 16%. A titre de comparaison, ce taux n’est que de 6,8% pour les Etats-Unis. Ainsi, pour Emmanuel Macron, « nous sommes un pays qui a une épargne financière abondante mais qui l’utilise mal, et qui a un problème de financement de notre économie réelle. »

Ce problème de financement des entreprises provient en partie du fait que les Français favorisent peu les placements en assurance-vie ou fonds de pension qui sont sources de financement pour les PME. A titre de comparaison, les Anglais investissent plus de 60% de leur épargne dans ces types de placement alors que ce taux atteint à peine les 40% pour la France. En favorisant l’épargne bancaire classique, « nous sommes l’un des pays qui a le plus de difficulté à financer son innovation, la croissance de ses entreprises, plus largement les fonds propres » analyse Emmanuel Macron.

Ces difficultés de financement se posent cependant moins pour les grandes entreprises françaises (notamment celles appartenant au CAC 40) puisqu’elles bénéficient d’une notoriété qui leur permet d’attirer des investisseurs étrangers (à hauteur de 65% de leur capital). Emmanuel Macron souligne néanmoins le débat qui entoure ce constat, qui est « celui de la dépendance de ces entreprises à un financement qui n’est pas national ou qui serait largement trop international. »

La croissance des entreprises freinée par une épargne mal allouée

Pour Emmanuel Macron, « la difficulté à accéder à un financement, en particulier à un financement de croissance en France, est un des freins au développement de nos entreprises. » Ce constat est vrai pour les entreprises évoluant dans les secteurs traditionnels mais également pour les start-ups qui ont pour habitude d’aller chercher des financements à l’international. La société française Talent, spécialisée dans l’intégration des données et en big data, a par exemple levé 94 millions de dollars à la bourse de New-York en 2016 au lieu de privilégier le marché financier français.

 

 

 Une économie financée par de la dette et non par les fonds propres

Selon Emmanuel Macron, le problème de notre structure de financement en France est que celle-ci reste très intermédiée (pas assez directe) et surtout « très orientée par un financement par la dette, et par tous les produits d’endettement ». L’ancien ministre de l’Economie souhaite à l’inverse faire en sorte que cette structure de financement soit de plus en plus orientée vers les fonds propres, c’est-à-dire les capitaux apportés par les investisseurs, comme c’est le cas par exemple au Royaume-Uni. Cette transition pourrait notamment passer par une meilleure allocation de l’épargne des Français.

La régulation financière freine la croissance des entreprises

Un autre frein à la croissance des entreprises est la sur-régulation qui, depuis la crise de 2008, a été un obstacle à la réorientation de la structure de financement des entreprises vers un financement par les capitaux propres. Les accords de Bâle et la réforme réglementaire Solvabilité II, en incitant les banques et assureurs à réduire leurs investissements en fonds propres, ont eu un effet défavorable sur le financement des entreprises françaises et européennes (favorisant symétriquement les entreprises américaines, dont le financement est beaucoup moins intermédié). Pour Emmanuel Macron, les conséquences de ces régulations dont certaines sont inadaptées sont lourdes puisque ces nouvelles règles ont eu pour effet la « contraction du crédit bancaire ou de la place des acteurs bancaires dans le financement en fonds propres de l’économie. »

Action

 Créer de nouveaux outils pour réorienter l’épargne vers le financement des entreprises

Pour permettre une plus grande allocation de l’épargne vers les actions d’entreprises, Emmanuel Macron a proposé de créer ou modifier certaines règles anciennement établies. L’ex-ministre a ainsi notamment œuvré pour l’augmentation du seuil du PEA (Plan d’Epargne en Actions) un dispositif qui permet d’investir de l’épargne dans des entreprises européenne tout en étant éxonéré d’impôts. Il défend aussi la création du PEA-PME et la création d’un cadre réglementaire pour le « crowdfunding » (le financement participatif des start-ups). Enfin, il prône l’adaptation du cadre fiscal destiné aux « business angels », ces investisseurs qui, en plus de leur argent, mettent à disposition des start-ups leurs compétences et leur réseau.

 

 Mettre les régimes de retraite au service du financement 

Emmanuel Macron souhaite également réformer certains régimes de retraite pour en faire de véritables « fonds de pension à la française ». Pour cela, l’ancien ministre souhaite assouplir les contraintes prudentielles qui pèsent sur certains régimes de retraite. « Les contrats de retraite professionnel pourront ainsi être réorientés vers les actions, à due proportion justement, de ce qui est ré-orientable et compte tenu du profil justement des assurés qui sont ainsi concernés ». Sur les 130 milliards d’euros que représentent ces régimes, Emmanuel Macron estime que 15 à 20 milliards d’euros pourraient ainsi être réorientés vers le financement de l’économie réelle, et donc vers la création d’emplois et d’activités économiques.

 L’introduction du compte Entrepreneur Investisseur

Emmanuel Macron souhaite enfin l’introduction d’un compte Entrepreneur Investisseur pour permettre la réallocation des plus-values réalisées dans les entreprises en croissance. Ce compte permettra également un traitement fiscal plus avantageux que celui qui existe aujourd’hui pour les entrepreneurs qui ont pris un risque et réussi.

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