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Donner

Les dépenses publiques

« La dépense publique qu’il faut réduire, elle est toujours chez l’autre. Ce serait trop facile, ce monde où il faudrait baisser la dépense publique et dès qu'on touche à soi ce serait l'horreur ».

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Diagnostic

Une augmentation constante des dépenses publiques depuis les années 1970

Un amortisseur de conjoncture…

Les dépenses publiques sont en constante augmentation depuis 1975, elles atteignent aujourd’hui 57% du PIB. Selon Emmanuel Macron, cette « dépense publique plus forte » qu’en Allemagne a permis à la France de mieux tenir lors de la récession de 2009, parce qu’elle est un « amortisseur » de conjoncture. En effet, le financement d’un système social important par la dépense publique a permis de limiter la baisse de consommation liée à une récession et donc de limiter l’impact de celle-ci sur les entreprises.

… comme réponse facile à la crise

Pour Emmanuel Macron, l’augmentation de la dépense publique a été « la réponse facile que les gouvernements, de toutes couleurs, ont utilisée jusqu’ici ». En effet lorsque l’on regarde l’augmentation des dépenses publiques, on s’aperçoit que chaque gouvernement depuis l’administration de Valery Giscard d’Estaing a sa part de responsabilité dans cette augmentation. Les dépenses publiques atteignent aujourd’hui 57% du PIB contre 45% en 1981.

Notre niveau de dépenses publiques n’a cessé de croître pour atteindre aujourd’hui un niveau de 8 points supérieur à la moyenne des pays de la zone euro. Cet écart s’explique néanmoins pour les 2/3 par le fait que notre système de retraite est un système par répartition public.

 

Un problème pour les générations actuelles et futures

Un déficit public source de défiance…

L’augmentation des dépenses publiques a contribué à l’augmentation du déficit public français. Or, l’augmentation de ce déficit est source de défiance pour les investisseurs, car il peut entraîner une incertitude, notamment quant au niveau de la fiscalité des entreprises et des ménages. Réduire les dépenses publiques est donc une des « conditions pour déclencher l’investissement » et attirer les investisseurs étrangers, car cela permet de redonner confiance en un Etat-stratège gestionnaire et rigoureux, et plus globalement dans l’ensemble de l’économie française.

Dans un contexte de concurrence internationale et de faible harmonisation européenne sur les questions fiscales, la volonté des gouvernements de droite et de gauche de combler les déficits principalement par une hausse des prélèvements obligatoires pourrait constituer un handicap pour l’arrivée d’investissements et faire fuir les investisseurs vers d’autres pays de la zone euro où la fiscalité est plus attractive (Irlande ou Luxembourg).

… et qui créé une iniquité intergénérationnelle

La répétition récurrente d’un déficit public important a creusé la dette publique française qui atteint aujourd’hui 98,5% du PIB, à plus de 2 175 milliards d’euros. Dans un contexte de taux d’intérêts extrêmement bas, cette dette reste soutenable mais continuer à l’augmenter « c’est reporter le problème sur les générations à venir, c’est créer une iniquité intergénérationnelle nouvelle. C’est considérer que le traitement de nos difficultés d’aujourd’hui, les jeunes le paieront demain », soutient Emmanuel Macron.

Une dette publique excessive accroit mécaniquement le poids de son remboursement dans les dépenses publiques, ce qui peut entrainer des difficultés financières supplémentaires. Les difficultés économiques de la Grèce en sont l’exemple le plus éloquent. « Laisser filer » aujourd’hui les déficits, c’est donc mettre en péril les générations futures par la fragilisation de l’ensemble de notre système social : indemnisation des chômeurs, financement des retraites, financement de l’assurance maladie, etc.

Action

Principe

Le sérieux budgétaire

Selon Emmanuel Macron, le premier axe de réforme est celui du sérieux budgétaire, qui va de pair avec le sérieux fiscal. En effet, la stabilité budgétaire et fiscale est la condition première pour « restaurer notre crédibilité » et « déclencher l’investissement au niveau de la zone euro ».

La baisse des dépenses publiques et la maitrise du déficit public au niveau des critères de Maastricht permettraient de restaurer la confiance envers la zone euro et envers la France. En raison de son rôle central en Europe, la France ne peut pas s’exonérer de cette règle.

Fixer un objectif de dépenses publiques

Afin de réduire les dépenses publiques, il est important de poser un cadre « avec une méthode nouvelle. Le pilotage de nos comptes publics devrait passer par la fixation d’un objectif de dépenses publiques. Tous les champs et tous les acteurs publics devront être mis à contribution. » Il ne s’agit plus de raisonner en fonction du déficit mais en fonction de l’importance des dépenses publiques dans notre société.

Propositions

Des dépenses publiques vers les 50% du PIB en 2022

En sa qualité de Ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique, Emmanuel Macron a œuvré pour la mise en place d’une baisse de 50 milliards d’euros des dépenses publiques afin de les ramener à 53,5% du PIB à l’horizon 2017. Il milite pour une réduction de ce ratio à 50% du PIB à l’horizon 2022, en combinant la baisse des dépenses publiques avec l’allégement des charges et une baisse de la fiscalité pour les entreprises.

Une réforme structurelle indispensable

Il convient de mettre en place des « réformes structurelles dans la sphère sociale » mais également de « s’interroger sur la place de l’Etat lui-même ». Cela impose un débat de fond sur le périmètre d’intervention de l’Etat, sur sa place dans l’économie mais aussi sur le statut des fonctionnaires, par exemple. Pour Emmanuel Macron, « on peut faire des économies sans licencier des gens ».

Supprimer les postes de dépenses inefficaces

La réduction des dépenses publiques doit d’abord passer par l’optimisation des moyens de l’Etat en coupant dans les postes budgétaires qui ne produisent pas les effets escomptés.

Emmanuel Macron s’interroge sur la pertinence des APL. « Est-il logique de ne pas réformer les 18 milliards d’euros d’aides personnalisées au logement (APL) alors qu’elles bénéficient moins aux attributaires qu’à leurs propriétaires et alimentent l’inflation des prix de l’immobilier ? »

Il pose aussi la question du plafonnement des indemnités chômage. « Est-il pertinent de maintenir un plafond d’indemnisation du chômage à plus de 6000 euros quand notre régime enregistre un déficit de l’ordre de 4 milliards d’euros ? »

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