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Les réfugiés en Europe

« Il faut avant tout que la France fasse sa part sur notre premier devoir universel, celui des réfugiés. C’est notre devoir. A quoi pourrions-nous prétendre, alors que notre pays, aujourd’hui, se divise dans la peur de l’autre et que certains nous poussent à ne pas jouer notre premier devoir moral ? »

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Diagnostic

Une crise migratoire sans précédent

La crise migratoire que connait l’Europe est la conséquence d’un afflux soudain depuis 2010 de réfugiés venant principalement du Moyen-Orient ou d’Afrique de l’Ouest. Cette recrudescence a engendré des divisions importantes entre les pays d’Europe. Ainsi ces derniers n’ont pas su se mettre d’accord sur l’attitude à adopter. Alors même que la Commission européenne a cherché à imposer des quotas à chaque pays de l’Union, et qu’Angela Merkel et François Hollande ont poussé dans cette direction, des pays d’Europe de l’Est s’y sont opposés fermement. En septembre 2016, Angela Merkel a finalement été contrainte de reconnaître l’échec et l’abandon du mécanisme de répartition obligatoire.

Une nécessaire distinction entre migrant économique et réfugié

Face à l’instrumentalisation politique, Emmanuel Macron a rappelé qu’il était nécessaire de “faire la distinction”. En effet, là où parfois les flux migratoires sont motivés par la pauvreté économique d’une région, d’un pays, la crise de 2010 est en revanche principalement la conséquence de conflits armés qui poussent des populations entières à fuir leurs pays. “Il s’agit principalement de réfugiés, c’est à dire de femmes et d’hommes qui, pour des raisons politiques, fuient leur pays. Pas de migrants économiques”. Les réfugiés proviennent majoritairement de trois pays déchirés par des conflits armés : la Syrie (27,9%), l’Érythrée (12,2%) et l’Afghanistan (7,8%).

 

Une réalité de l’accueil en France relativement faible

L’Allemagne est de loin le pays ayant validé le plus de demandes d’asile (148 215 statuts de réfugiés accordés) et représente à elle seule 41 % des décisions positives. Viennent ensuite les autres grands pays européens. La France a seulement accueilli 26 015 réfugiés et se situe donc en 14ème place des pays ayant accueilli le plus de demandeurs d’asile par habitant en 2015.

« Les gens disent ‘c’est terrible’ quand on voit un petit garçon mort sur une plage, et ‘ce sont des salopards’ quand on les confond avec des terroristes. Mais les réfugiés, ce sont des gens avec une force de caractère exceptionnelle. Vous et moi, on ferait des milliers de kilomètres à pied pour fuir la violence politique ? Nos civilisations ont oublié ce que c’était, c’est pour cela que la chancelière Merkel a eu raison de poser ce geste, sur le plan moral et politique. »

L’arrivée de réfugiés, une opportunité économique

Contrairement aux idées reçues, les réfugiés qui fuient leur pays sont souvent issus des classes moyennes et supérieures. A cet égard, leur accueil constitue “une opportunité économique, parce qu’il s’agit de femmes et d’hommes qui ont aussi des qualifications remarquables.” Face à cette situation, Emmanuel Macron regrette que les réfugiés aillent « moins en France parce qu’il y a du chômage. »

« Je le regrette pour mon pays car les réfugiés sont une force. […] Les réfugiés qui risquent leur vie pour des raisons politiques, sont des héros. » L’afflux de population provoque une hausse de la population active qui est, avec la hausse de la productivité, une de deux grandes sources de croissance potentielle. Certains économistes considèrent que les migrants qui ont eu « le courage et la volonté d’entreprendre « le grand voyage » » sont plus enclin à travailler dur que le reste de la population contrairement à beaucoup de préjugés.

Action

« On ne doit pas gouverner aux sondages »

Face à un sujet polémique utilisé de manière anxiogène par une partie de la classe politique, Emmanuel Macron a déclaré que l’accueil des réfugiés « n’est pas un sujet sur lequel on doit gouverner aux sondages. »

« L’histoire a montré que quand on suit parfois la volonté des peuples, surtout dans des moments difficiles, on se trompe. Je crois que c’est la dignité de l’ensemble de nos pays, notamment de la France, d’être à la hauteur des évènements », insiste Emmanuel Macron.

Accueillir des réfugiés, une responsabilité historique

« Notre premier devoir universel est d’accueillir les réfugiés. » Emmanuel Macron a insisté à de nombreuses reprises publiquement sur la nécessité d’être à la hauteur de « l’enjeu historique ». Ainsi, face à la peur de l’autre, l’ancien ministre de l’économie oppose un devoir moral considérant que la voix de la France à travers le monde serait « inaudible » si cette dernière ne faisait pas « face à ses responsabilités ».

Opposé à une vision restrictive de l’identité française, Emmanuel Macron rappelle que beaucoup de Français « sont venus d’Espagne, d’Algérie, du Maroc, de Tunisie, d’Italie, de Sicile. On les a toujours accueillis lorsqu’ils étaient réfugiés. C’est notre devoir. »

Une procédure plus courte et plus efficace

Face aux demandes croissantes d’asile, Emmanuel Macron préconise de « nous organiser pour réformer les conditions d’examen. » Ainsi, les délais d’examen des demandes devront « être considérablement abrégées pour que les personnes qui ont droit à la protection de la France puissent être accueillies, formées, prises en charge rapidement, parce qu’ils y ont droit. »

« Au terme de cette procédure plus courte, plus efficace, toutes les personnes qui n’ont pas vocation à rester en France, parce qu’elles n’ont pas le droit d’asile, doivent être reconduites à la frontière. »

Un nécessaire accueil digne

Refusant les faux semblants, Emmanuel Macron estime que « l’humanité dans le traitement des réfugiés, ce n’est pas laisser croire que nous accueillerons tout le monde. »

« L’humanité, ce n’est pas accorder des titres au compte-gouttes et laisser tous les demandeurs sur le territoire dans une situation de non-droit. L’humanité, c’est assumer notre rôle, examiner rapidement les demandes et en tirer les conséquences pour les principaux intéressés. »

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