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Donner

L’Etat, actionnaire stratège

« J'ai la vision d'un État actionnaire fort et attaché au respect scrupuleux de la grammaire des affaires. »

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Diagnostic

D’hier à aujourd’hui

Le monde dans lequel nous vivons est en pleine transformation : mutation du paysage économique, diversification des marchés, naissance de nouveaux secteurs, accélération de l’innovation. L’État, en tant qu’acteur économique, a parfois oscillé entre nationalisations et privatisations des entreprises, notamment entre 1980 et 1990, afin de mettre en adéquation l’économie française et les exigences de la mondialisation.

Cependant, la question n’est pas nécessairement celle du choix radical entre nationalisation et privatisation : la place et le rôle de l’État actionnaire sont à interroger. En effet, par ses participations dans les entreprises stratégiques de l’économie Française, l’État joue un rôle important, lui permettant d’orienter l’économie tout en la rendant plus compétitive sur la scène internationale. Emmanuel Macron, en tant que ministre de l’Économie, n’a pas manqué de rappeler les « risques financiers et opérationnels » importants pris par exemple par l’État par l’intermédiaire de Renault, « à un moment où beaucoup disaient Nissan mal en point ». Cet engagement a été une réussite.

État actionnaire : un paradoxe ?

L’État est un actionnaire particulier : d’une part, en plus d’assurer le développement des entreprises dont il est actionnaire, il poursuit et défend des missions d’intérêt général (innovation, emploi…) ; d’autre part, il doit être stratège dans sa manière d’investir et tirer profit de ses participations. Une partie des dividendes perçus est notamment affecté au désendettement de l’État. Pour Emmanuel Macron, les deux aspects sont loin d’être incompatibles : « J’ai la vision d’un État actionnaire fort et attaché au respect scrupuleux de la grammaire des affaires ». Ce qui manque encore, c’est une ligne de conduite stratégique claire et précise : l’État a « surinvesti dans certains secteurs d’activité », alors que dans d’autres, il est inexistant. Ainsi, « nous devons nous interroger sur la pertinence de nos niveaux de détention, entreprise par entreprise ».

Action

Principes

L’État, un actionnaire exemplaire

« L’État n’est pas un actionnaire naïf, de seconde catégorie » et, qu’il s’agisse de l’État ou d’un actionnaire privé, « quand on investit sur le long terme, il est normal d’avoir un retour ». L’État est, en effet, « un investisseur de long terme, exigeant ».

Selon Emmanuel Macron, l’État doit avoir les pouvoirs de l’actionnaire traditionnel, mais agir de façon exemplaire en promouvant l’actionnariat de long terme, loin de la logique « du profit à court terme et de la connivence ». Il doit également faire œuvre de transparence en définissant des règles du jeu claires et légitimes, car il ne saurait être « un actionnaire imprévisible et arbitraire, ni un actionnaire interventionniste et brutal, ni, enfin, un actionnaire complaisant dont le rôle se bornerait à nommer des copains à la tête des entreprises ».

L’État, stratège et pas manager

Fin 2015, Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie, rappelait la différence entre le PDG d’une entreprise (par exemple Carlos Ghosn pour Renault-Nissan) et l’actionnaire (l’État français) : le premier s’occupe de la gestion de l’entreprise, le second des questions stratégiques de long terme, pour l’entreprise et pour le pays. Il ne s’agit donc pas pour l’État de « se substituer au management », mais d’« accompagner les changements entraînés par la dynamique de marché,  les  choix  industriels  ou  parfois  les erreurs  du  passé ».

C’est aussi pourquoi l’Etat doit être un acteur de long terme avec l’objectif de « défendre nos industries stratégiques (défense, énergie, matières premières, etc.) ».

L’État réconciliateur

« La vraie politique industrielle, c’est une réconciliation de l’ensemble des forces productives : les actionnaires, les salariés, les dirigeants, la collectivité  publique » explique Emmanuel Macron. Pour cela, la classe politique a une mission importante : « celle de la cohérence et de décider des réformes parfois difficiles ». C’est ce que l’ancien ministre de l’Économie s’est efforcé de faire lors de l’exercice de ses fonctions, « et c’est pourquoi nous sommes exigeants auprès des dirigeants d’entreprise » afin que les réformes mises en œuvre par les pouvoirs publics soient respectées et que la politique industrielle de notre pays retrouve toute sa cohérence.

Ce pouvoir réconciliateur concerne également la diversité du paysage entrepreneurial français : il faut « donner toute leur place à nos PME dans ce modèle productif et pas simplement aux grands groupes ». En effet, « quand on se bat pour les 3,1 millions d’emplois que compte l’industrie », « on se bat pour la compétitivité de toutes les entreprises qui utilisent ses produits et son énergie, pour tout ce qui permet de faire émerger justement les innovations, dans les usines, les ateliers et les laboratoires ».

Propositions

La renaissance industrielle française en jeu

Pour Emmanuel Macron, « le choix qui est aujourd’hui le nôtre, collectivement, c’est bien d’accélérer la renaissance industrielle de notre pays ». Au cœur de cette renaissance se trouvent les « industries de souveraineté » qui « nécessitent une intervention forte de l’État, comme actionnaire, comme acheteur, en les aidant à se développer, en France comme à l’international ». C’est là un principe qui a orienté l’action politique d’Emmanuel Macron au ministère de l’Économie, dans le cadre de la Nouvelle France Industrielle.

Il a en particulier accompagné le lancement de la French Tech, en faveur des startups et entreprises numériques : le programme « Investissements d’avenir » prévoit une enveloppe de 200 M€ de financement en fonds propres par l’État via Bpifrance (Banque publique d’investissement), avec un retour identique aux actionnaires privés. Le dynamisme de l’industrie française repose à la fois sur un « socle industriel » ancien, et sur « la création des champions de demain, la French Tech, la transformation du financement de notre économie et les start-ups dont on parle tant ».

Donner plus d’agilité

Plus d’agilité, cela signifie que l’État « ne doit pas s’interdire de vendre là où il peut garder le même niveau d’influence tout en baissant son niveau de participation » : « c’est ce que nous avons fait avec Orange et Safran ». Cette stratégie permet, d’une part, « de se désendetter » mais, de plus, « cela libère des marges de manœuvre pour réinvestir dans d’autres entreprises lorsque la situation l’exige ». Ce fut le cas, notamment, pour les participations étatiques dans PSA en 2013.

Privilégier les nouvelles sources de croissance

Afin d’éviter que nos entreprises industrielles ne soient trop dépendantes de la commande publique, en particulier dans les secteurs de l’énergie et du transport, Emmanuel Macron a voulu « impulser une politique sectorielle volontariste, et une politique de compétitivité coût et hors coût », afin de réaliser « la montée en gamme du tissu industriel français ». De plus, la transition énergétique est, aux yeux d’Emmanuel Macron lorsqu’il était ministre de l’Économie, « un levier de croissance rapide que nous allons stimuler, y compris en mettant de l’argent public ». Ce qui est en jeu, « c’est l’émergence de nouvelles filières, mais c’est aussi la réinvention des métiers qui existent, par exemple le bâtiment avec la rénovation thermique ».

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