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Donner

Lever les freins à l’entrepreneuriat

« Il faut lever les barrières à l'entrée, et pour cela il faut développer tout ce qui facilite la vie de l'entrepreneur lorsqu'il tente, lorsqu'il prend des risques. »

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Diagnostic

La France est un pays d’entrepreneurs…

L’entrepreneuriat est un pilier indispensable au développement économique. « On ne peut pas faire une économie, on ne peut pas créer des emplois, on ne peut pas vouloir que le pays aille mieux sans employeurs, sans entrepreneurs ».

La France est un pays d’entrepreneurs et les chiffres le confirment. Elle a été, au premier semestre 2015, la championne européenne du capital-risque. Paris est la seconde ville européenne après Londres en termes de startups dans les nouvelles technologies. Grâce à « ces femmes et ces hommes qui prennent des risques à un moment donné, pour réussir et pour tirer, comme des premiers de cordée, toutes celles et ceux qui vont les accompagner », 1000 à 1500 startups sont créées dans notre pays chaque année.

…mais accumule un certain retard…

Des points de faiblesses sont aussi à déplorer. « Nos entreprises traditionnelles sont en retard, elles tardent à se moderniser : on a simplement 64% de nos entreprises qui disposent d’un site internet, contre en moyenne 76% dans l’OCDE ». Si nous disposons de quelques milliers de startups dans le numérique, « les champions mondiaux français sont encore trop rares ». Ce retard est le fait du vieillissement des grands groupes conjugué à un essor trop timoré de nouvelles entreprises. « L’un de nos problèmes en France, c’est que nos grands groupes ont une moyenne d’âge de plus de 105 ans : il est très dur d’émerger, de rentrer dans ce club fermé ».

Autre déficience, le système de financement des entreprises. « L’une des faiblesses de notre économie, c’est qu’elle a pendant très longtemps reposé sur un financement par l’endettement, et principalement par l’endettement bancaire, là où cette économie de la disruption où tout s’accélère consomme du capital, des fonds propres ».

…expliqué par des inégalités et des freins

« Créer une entreprise n’est pas le même défi selon qui on est et d’où l’on vient ». Les entrepreneurs ne partent pas de la même ligne de départ. Le réseau et l’origine sociale sont des facteurs déterminants et à l’origine d’inégalités : « Celui qui n’a pas le réseau, qui n’a pas les contacts, qui n’a pas déjà les entrées dans les banques, n’est pas dans la même situation que celui ou celle qui décide, sortant de ses études, de son quartier, de se lancer dans l’entrepreneuriat ».

De nombreux freins administratifs viennent également ralentir l’ascension de l’entrepreneur. A chaque étape importante de la vie de l’entreprise, ce sont « des contraintes réglementaires, fiscales, et sociales », des entraves qui « pèsent sur les entrepreneurs », et les empêchent de « donner pleinement cours à leur dynamisme et leur capacité d’innovation ».

Action

Principes

L’indispensable simplification

« Il faut lever les barrières à l’entrée dans le système, et pour cela il faut développer tout ce qui facilite la vie de l’entrepreneur lorsqu’il tente, lorsqu’il prend des risques ». Pour ce faire, le rôle des pouvoirs publics est aussi de donner aux entrepreneurs « un cadre plus stable, une visibilité, pour justement qu’ils puissent se démultiplier ».

Insuffler plus de vitalité à notre économie c’est d’abord la simplifier, c’est-à-dire supprimer « ces freins administratifs inutiles à la création de l’entreprise ». Gommer ce qui « crée de l’incertitude ou de la complexité », limiter « les coûts administratifs et tout ce qui vient bloquer l’entrepreneur dans sa volonté de croître », c’est donner toutes les chances à l’entrepreneur de réussir.

La puissance du collectif et de l’accompagnement

 L’entreprise n’est pas seulement une réussite individuelle, « c’est toujours une réussite collective ». Si entreprendre, c’est prendre des risques, on ne peut jamais y arriver seul. Il y a en effet parfois une solitude, et la difficulté de se retrouver face à un défi qu’on veut livrer. Alors pour réussir, il faut « toujours le faire à quelques-uns, parce qu’on accroît ses chances de réussir ». Dans les quartiers les plus difficiles, « nous ne sommes pas parfaitement égaux ». Grâce à la force du collectif, chacun disposera quelle que soit son origine et quel que soit son milieu professionnel ou social « des mêmes chances que d’autres d’y arriver, parce qu’il sera justement accompagné ».

L’entrepreneuriat, au-delà de l’économie

L’entrepreneuriat est une forme d’insertion sociale. Parce que pour beaucoup de jeunes ou de moins jeunes créer son entreprise, c’est « s’inventer son propre avenir, prendre un autre virage ». Cela permet de « créer, de transformer son environnement, de s’émanciper, et de tirer les autres vers le haut ». L’entrepreneuriat incarne également des valeurs, « la volonté de faire réussir les autres, de les accompagner à chaque moment important où ils auront des décisions à prendre, des risques à prendre, des erreurs à commettre ou à éviter ».

Au-delà de contribuer au seul redressement économique, l’entrepreneuriat participe « au redressement  moral dont nous avons besoin ». Et il est important d’insister sur cet aspect moral, « car si nous nous mobilisons toutes et tous, nous pouvons le faire, nous pouvons créer davantage, nous pouvons réussir et nous pouvons réconcilier, ce qui a été opposé, l’entrepreneur avec ses salariés, l’esprit d’entreprise avec l’esprit de justice ».

Propositions

Favoriser la liberté des entrepreneurs

En tant que ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, Emmanuel Macron a œuvré pour la simplification. Un auto­-entrepreneur peut désormais continuer de bénéficier des avantages du régime pendant deux ans à condition de ne pas dépasser chaque année le double du seuil du chiffre d’affaires. Autre assouplissement, la suppression de l’obligation d’un compte bancaire qui « coûtait 200 euros en moyenne et entraînait l’exclusion de toute une catégorie d’entrepreneurs qui ont eu des difficultés bancaires ».

De la même façon, il a facilité le parcours de croissance de l’entreprise en « limitant les obligations, les coûts administratifs, tout ce qui vient, de l’embauche du premier salarié, bloquer l’entrepreneur dans sa volonté de croître, crée de l’incertitude ou de la complexité ».

Financer et soutenir

Il est capital de soutenir les entrepreneurs à chaque stade de leur développement, via la Banque publique d’investissement (BPI). D’abord lorsqu’ils démarrent, « pour réussir vite et les encourager dans cette réussite ». Puis pour « croître et grandir », en développant des programmes spécifiques, en particulier l’Accélérateur, qui travaille pour identifier les PME à fort potentiel (15 emplois créés ou maintenant en 5 ans) afin qu’elles puissent devenir beaucoup plus rapidement des ETI. Et ensuite « pour que les ETI puissent devenir des grands groupes ».

Dans ce même mouvement, Emmanuel Macron prône une continuation des baisses de charges sur les entreprises afin de redonner des marges de manoeuvre aux entrepreneurs. « Je transformerai le CICE en allègements de charges et je déciderai d’autres allègements ou suppressions de cotisations sociales patronales. Des économies sur la dépense publique et une fiscalité plus incitative, notamment sur la pollution ou la consommation, seront décidées pour financer cela. »

Les nouvelles formes alternatives de financement tel que le crowdfunding sont aussi à envisager. « Et là aussi, nous avons mis en place un cadre qu’il faut continuer à développer, parce que c’est une façon alternative d’encourager le financement en fonds propres comme en dette pour beaucoup d’entrepreneurs – et puis en aidant à croître justement tout au long de la vie de l’entreprise ».

Faciliter l’échec

Pour sortir de la vision française de l’échec perçu comme « extrêmement grave et problématique », il faut d’abord le dédramatiser. Les entrepreneurs ayant échoué, doivent pouvoir rebondir : « nous avons protégé, dans la loi que j’ai portée – la loi croissance et activité – la résidence principale des entrepreneurs parce que le salarié qui échoue avec son entreprise, a des protections sur son patrimoine, mais l’entrepreneur non. Il est maintenant protégé sur sa résidence principale ».

En « facilitant l’échec », on donne alors la possibilité de pouvoir « échouer vite et facilement parce que quelqu’un qui a échoué a plus appris que quelqu’un qui n’a pas tenté ». C’est dans cette optique qu’Emmanuel Macron alors ministre avait supprimé l’indicateur 040 de la Banque de France qui était un « stigmate mis sur tout entrepreneur », puisqu’il recensait les entrepreneurs dont la société a été liquidée au cours des trois dernières années.

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