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Libérer le pays, sortir des corporatismes

« Des corporatistes, il y en a partout. On en a tous un peu avec nous. Moi le premier, j’ai ma part de corporatisme »

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Diagnostic

Un monde en mutation

Négocier au mieux la transition numérique

La révolution numérique, caractérisée par l’essor d’Internet et plus généralement de l’informatique, a un impact sur tous les aspects de notre quotidien. « Tout est bousculé : notre façon de consommer d’innover, de produire, de se déplacer ». Afin de négocier au mieux ces transformations multiples, il est urgent de faire preuve de souplesse et de réactivité. Toute autre posture, qui consisterait par exemple à nier la nécessité de s’adapter aurait de lourdes conséquences. Car partout, le travail se transforme : « Dans certains services, la moitié des emplois n’existera plus dans 10 ans ». L’entreprise, la banque, l’assurance exigeront d’ici peu des compétences inédites. Il convient d’ores et déjà d’identifier les sources futures de valeur, et cerner des opportunités d’emplois pour tous les travailleurs, quel que soit leur niveau de qualification.

La mondialisation

Les mutations technologiques actuellement à l’œuvre agissent comme catalyseur et accélérateur de la mondialisation. Ce mot valise, est brandi maintes fois par les populistes comme l’origine des maux qui affligent notre société : chômage, pression à la baisse sur les salaires, nivellement par le bas des conditions de travail, précarité grandissante de l’emploi. Il ne désigne en fait rien d’autre que la mise en contact des territoires, par le perfectionnement des moyens de communication. Plutôt que de s’en prémunir en se repliant sur soi-même, Emmanuel Macron se fait le défenseur d’une « mondialisation heureuse » possible. Ce que d’aucuns envisagent comme un péril, lui le conçoit comme une chance, susceptible de profiter à tous, sans nier le fait qu’elle produit aussi des difficultés, et qu’elle fait des victimes, à qui il est indispensable d’apporter les sécurités nécessaires.

Une France divisée

Pour que chacun puisse tirer parti des opportunités conjuguées de la révolution technologique et de la mondialisation, il est crucial de réconcilier « les deux France ». S’éloignent en effet actuellement l’une de l’autre une France qui croit en la mondialisation, plutôt jeune, relativement qualifiée et fortement mobile, et une France qui lui est largement hostile, inquiète à l’idée de sombrer dans le déclassement. « Il est indispensable de trouver les chemins de la réconciliation des deux France : celle qui vit la mondialisation et les grandes transformations à l’œuvre comme une chance et celle qui en a peur. » Cette dernière est « tout aussi digne » et il n’est pas question de la délaisser. Bien au contraire, par un ensemble de refontes appropriées, alliées à des programmes de formation adéquats, il est possible de lui fournir les outils nécessaires à sa réussite.

Action

Principes

Libérer le pays

Libérer le pays consiste à mobiliser ses forces vives, à réunir toutes les bonnes volontés. Emmanuel Macron envisage au sens large « la liberté des entrepreneurs, des créateurs, et même des salariés, qui veulent parfois faire selon leurs propres règles ». Il propose de confier davantage de responsabilités et de capacités d’action aux acteurs locaux, en prise directe avec les réalités du terrain.

Décentraliser une partie du processus décisionnel auprès de ceux qui sont les plus susceptibles d’identifier les problèmes et de leur apporter une réponse concrète : voilà la condition pour gagner en efficacité et en célérité. L’objectif est ici de libérer les travailleurs d’une partie du poids de la hiérarchie, à bien des égards déconnectée de leurs attentes.

Sortir des corporatismes

Un constat s’impose, selon Emmanuel Macron, à propos des corporatismes : « Il y en a partout. On en a tous un peu avec nous. Moi le premier, j’ai ma part de corporatisme ». Le corporatisme désigne cette propension qu’ont les membres d’un corps de métiers ou d’un groupe social à défendre leurs intérêts. Souvent, cet entre-soi se fait au détriment du plus grand nombre, par des stratégies malthusiennes : la « loi Macron », menée lorsqu’il était encore Ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique, entendait justement libéraliser des secteurs comme celui des taxis, afin de stimuler la concurrence et in fine d’obtenir des prix plus bas. Les mutations annoncées dans le monde du travail, puisqu’elles vont exiger une grande capacité d’adaptation, appellent avec d’autant plus de pertinence la poursuite de ce type de mesure, car « ça ne marche que si on fait bouger tous les corporatismes ». Pour permettre le changement, et ramener la France sur le chemin de la croissance, il faut ainsi rompre avec l’inertie que suscitent les corporatismes.

Propositions

Donner leur chance aux entrepreneurs

Les résolutions d’Emmanuel Macron se nourrissent d’un paradoxe éloquent : en France, il est grave d’échouer et tout aussi problématique de réussir. C’est ce jugement ambigu qui annihile les élans créateurs, et suscite l’atonie plutôt que l’audace et l’initiative. La première ambition d’Emmanuel Macron est de « dédramatiser et faciliter l’échec : il faut pouvoir échouer facilement et rapidement ». Dans cette optique Macron œuvra, en 2013, pour la suppression de l’indicateur 040, tenu par la Banque de France, et qui répertoriait les chefs d’entreprise ayant fait l’objet d’une liquidation judiciaire au cours des trois dernières années. 144 000 dirigeants furent concernés par cette mesure. L’objectif étant ainsi de donner un coup de pouce aux entrepreneurs, de leur permettre de rebondir facilement après un échec, et d’obtenir ainsi plus facilement un crédit auprès des banques.

Faciliter la création et la croissance d’entreprise

Surtout, la création de l’entreprise n’est pas en soi un aboutissement, encore faut-il la faire croître et pérenniser son activité : « Entreprendre est formidable, mais croître et réussir est presque encore mieux ». Emmanuel Macron entend « lever les freins administratifs à la création de l’entreprise et à son développement », en supprimant, par exemple, l’obligation aujourd’hui faite aux autoentrepreneurs d’ouvrir un compte bancaire professionnel, à hauteur de 200 euros. L’idée est de simplifier le parcours de croissance de l’entreprise, de limiter ses coûts administratifs afin de réduire l’incertitude et la complexité de l’entrepreneuriat.

Avoir une vision de long terme

« Une grande entreprise n’est rien d’autre qu’une petite entreprise qui a grandi » : la condamnation moralisatrice de grands groupes prédateurs et déshumanisés perd son sens si l’on inclut la taille dans la logique de développement de l’entreprise. Afin de sécuriser l’épanouissement des entreprises et notamment par un accès facilité au financement, Emmanuel Macron encourage les nouvelles méthodes du crowdfunding, et souligne également l’influence bénéfique de collectifs, tels que le Réseau Entreprendre : les entreprises épaulées par ce réseau atteignent un taux de pérennité à 3 ans de 92% contre une moyenne nationale de 70%. Or, il est nécessaire, pour densifier et renforcer le tissu d’entreprises, d’accroitre la durée de vie de chacune d’elles.

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