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Donner

L’intégration dans la mondialisation

« Les grands succès économiques de notre pays sont tirés par la croissance du monde, nous n’avons plus le choix et c’est même notre chance ». Il est illusoire de vouloir s’opposer à la mondialisation, le repli sur soi n’est pas une solution tenable, la mondialisation comme réalité économique doit être comprise et acceptée.

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Diagnostic

Qu’est-ce que la mondialisation ?

Suzanne Berger définit la mondialisation comme une « série de mutations de l’économie internationale qui tendent à créer un seul marché mondial pour les biens et les services, le travail et le capital » (Notre première mondialisation, 2003). La mondialisation est donc avant tout un processus économique d’intensification des échanges à l’échelle mondiale. Le monde tend à devenir un espace unique de production, de consommation et d’échanges. Ce mécanisme est notamment rendu possible par l’amélioration et la baisse du coût des moyens de transport et par la numérisation de l’économie.

La mondialisation, à des degrés différents, concerne l’ensemble des pays à l’échelle du globe. Les processus de fabrication d’un pays font appel à des entreprises situées dans plusieurs villes à l’étranger, afin d’exploiter au mieux les compétences de chacun. Dans le cadre de la DIPP (Division Internationale du Processus Productif), la plupart de nos produits de consommation sont fabriqués à travers le monde – par exemple, jusqu’à 15 pays pour un jean.

« La France est dans la mondialisation »

Le constat est simple : « La France est dans la mondialisation ». La France est intégrée aux circuits de la mondialisation, qu’ils soient commerciaux, productifs, ou financiers. L’économie ne repose plus sur un tissu national : les entreprises françaises sont implantées à l’étranger et la France accueille aussi de nombreuses entreprises étrangères : « deux millions de nos concitoyens travaillent pour des entreprises étrangères », rappelle Emmanuel Macron. Le développement de nouveaux produits fait appel à des savoir-faire du monde entier et les réussites de la France sont celles qui se vendent au-delà de nos frontières. « Les grands succès économiques de notre pays sont tirés par la croissance du monde, nous n’avons plus le choix et c’est même notre chance ». Il est illusoire de vouloir s’opposer à la mondialisation, le repli sur soi n’est pas une solution tenable, la mondialisation comme réalité économique doit être comprise et acceptée.

Les dangers de la mondialisation

Malheureusement, la mondialisation peut conduire à certains excès et à des dérives. Dans une économie mal préparée, les conséquences peuvent être « difficiles, parfois cruelles, (et conduisent) à des ajustements incompréhensibles souvent pour celles et ceux qui ont à les vivre ». La mondialisation « est disruptive, elle bouleverse tout, elle est en même temps beaucoup plus injuste, parce qu’elle accroît les écarts, c’est une mondialisation qui favorise les métropoles en sacrifiant les territoires, c’est une mondialisation qui fait que celui qui l’emporte gagne tout, et en sacrifie d’autres. » La mondialisation apparaît souvent comme la sanction de l’échec d’une transformation qui aurait dû être entreprise en amont. Pour certains, la mondialisation fait peur, pousse au repli identitaire. Ainsi, « le Brexit est un signal supplémentaire de la défiance des populations oubliées de la mondialisation. »

Action

Principes

Une réalité qu’il faut accepter pour ne pas la subir

« Si l’on pense qu’elle [la mondialisation] est une bonne chose, il faut en tirer les conséquences et transformer progressivement notre pays. Sinon, il faut emprunter une autre voie et fermer les frontières comme le veut le Front national. Je choisis la première option. » Le choix du réalisme doit être fait. La mondialisation existe et doit être acceptée en tant que facteur de mutation de l’économie. « Notre devoir, c’est que la France réussisse dans la mondialisation ». Dès lors, il s’agit d’en tirer parti en s’adaptant plutôt que d’essayer de s’en marginaliser. Le politique doit avoir un projet qui permette à la France d’échapper « à deux risques qui sont pour moi deux facilités : celle du conservatisme (…) celles et ceux qui se disent « le monde va ainsi, c’est une menace, refermons les frontières ». Et puis l’autre facilité qui consisterait à dire « la France est une économie qui ne s’adapte pas à la mondialisation. Il faudrait qu’elle ressemble aux économies anglo-saxonnes ». Le politique doit donc agir avec et non contre la mondialisation et ne pas jouer la carte du fatalisme ou de l’impuissance.

Réussir dans la mondialisation pour une économie efficace et une société unie

« Avoir une société et une économie efficaces, c’est d’abord réussir dans la mondialisation ». La France est héritière du modèle économique français, qui désigne un ensemble d’orientations économiques et budgétaires (État actionnaire, fiscalité importante) et de valeurs sociales (Sécurité sociale, régime de retraites par répartition). Ce modèle qui permet encore à la France d’être la cinquième puissance mondiale selon le FMI en termes de PIB, connaît des limites. Il ne s’agit donc pas de renier ce modèle, mais de le faire évoluer. « Ça ne veut pas dire perdre nos repères, ni oublier ce que nous sommes ni nos préférences collectives, mais ça veut dire que nous avons des rigidités, parfois des fermetures, qui ne nous permettent pas toujours de réussir dans le monde ». La mondialisation est une chance pour repenser le système français et pour le rendre plus performant. Il faut « qu’on libère certains secteurs, qu’on simplifie, qu’on libère des énergies pour aider précisément celles et ceux qui veulent entreprendre à gagner cette bataille, et en même temps à trouver le bon cadre. Parce que cette mondialisation ne peut pas se traduire en une jungle que nous accepterions ». Face à la mondialisation, il faut faire tomber les anciennes rigidités, « cette mobilisation économique, c’est celle dont nous avons besoin aujourd’hui parce que notre pays sera plus fort s’il est plus ouvert, s’il réussit dans cette mondialisation. »

L’Europe, une échelle pertinente pour profiter des effets positifs de la mondialisation

La mondialisation se joue à des échelles régionales. L’Europe est une chance pour la France, c’est avec une réflexion à l’échelle continentale qu’il faut vouloir s’intégrer. L’Union européenne et le marché européen sont une chance pour développer notre économie (débouchés commerciaux) et un modèle pour concevoir des échanges économiques. La réussite de la France dans la mondialisation passe par l’Union européenne.

Propositions

L’adaptation à la Mondialisation par la loi Macron

Dans le cadre de son action gouvernementale, Emmanuel Macron a déjà porté la loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques « avec au fond une finalité qui est d’aider le pays à s’adapter à la mondialisation : ouvrir différemment et plus facilement les commerces le dimanche, faciliter la mobilité interurbaine, faciliter l’ouverture de certaines données, faciliter l’investissement, la responsabilisation des dirigeants ou des créateurs de start-up, ouvrir davantage certaines professions, alléger le coût de l’énergie pour les grandes entreprises, etc. »

Un protectionnisme européen intelligent

Accepter la mondialisation, ce n’est pas en accepter toutes les dérives. Les entreprises doivent respecter des règles, par exemple en termes d’imposition. Les Etats doivent aussi respecter des règles, la France ne doit pas accepter de concurrences déloyales. La réponse face aux dumpings d’autres pays, par l’exemple le dumping chinois sur l’acier, doit se faire à une échelle européenne, et non pas uniquement française. Il faut être capable de réagir plus vite et plus fort pour attaquer ceux qui ne respectent pas les règles de la mondialisation. C’est pourquoi Emmanuel Macron propose d’instaurer un protectionnisme européen sélectif pour se protéger de ceux qui pratiquent le dumping, qu’il soit social, fiscal ou étatique.

Un œil favorable sur les accords libre-échange (TAFTA, CETA)

Le commerce international conduit, sur le long-terme, à la création de nouveaux emplois et à la réussite des économies qui sont capables de s’ouvrir à la mondialisation. C’est le cas de la France, qui a « souverainement décidé de transférer au niveau de l’Europe sa politique commerciale » concernant les traités TAFTA et CETA. Le développement du libre-échange à l’échelle mondiale doit être mieux régulé, en préservant les intérêts de la France, mais il doit être poursuivi. Le TAFTA (Trans-Atlantic Free Trade Agreement), par exemple, est « une discussion avec les Etats-Unis sur nos préférences collectives respectives et la manière de les faire converger. » Malgré un dialogue aujourd’hui à l’arrêt, Emmanuel Macron souhaite la poursuite des négociations. « Le premier débat à avoir avec les Américains est de savoir comment on protège nos intérêts et nos préférences collectives. » Sont notamment en question l’« accès aux marchés publics et aux services financiers américains. » Pour Emmanuel Macron, « il faut se penser dans un monde ouvert, en regardant bien les équilibres mondiaux, notamment la Chine et la nécessité d’un lien fort avec les Américains. » Il en va de même pour le CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement) : « Ce traité améliore nos relations avec le Canada. Beaucoup d’Etats-membres ont reconnu que l’équilibre trouvé sur la relation Etat-investisseur était un bon équilibre dans ce traité ».

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