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Donner

Lutter contre le réchauffement climatique

« N’oublions jamais que le défi climatique menace d’abord les plus fragiles, les plus pauvres, les plus jeunes et les générations à venir »

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Diagnostic

Une menace urgente pour la planète

En 2015, selon le Global Carbon Project (GCP), pour la première fois la communauté internationale est parvenue à contenir l’augmentation des rejets de gaz à effets de serre (GES) dans l’atmosphère. Ce sont pourtant 36 nouvelles Giga Tonnes de CO2 qui ont été rejetées en un an. La moitié se sont retrouvées dans l’atmosphère et ont contribué à augmenter la concentration de GES dans l’atmosphère. Ainsi, depuis 150 ans, les scientifiques estiment que la concentration de CO2 dans l’air est passée de 280 à 400 ppm et que la concentration de méthane a triplé.

En 2015 toujours, lors de la COP 21, les états ont pris pour objectif de contenir le réchauffement climatique sous les 2C° d’ici 2100 par rapport à l’ère préindustrielle, et pour engagement de baisser les nouvelles émissions de GES de près d’1% par an. Pour Emmanuel Macron, cet accord est une première réussite et « témoigne du fait que nous sommes de plus en plus nombreux à penser que notre planète est belle et bien en danger et qu’il faut agir ». Cependant, il souscrit au consensus selon lequel les engagements non contraignants pris ne permettront pas d’atteindre les objectifs, ne sont pas à la hauteur des enjeux et de l’urgence.

« Si rien n’était fait pour réduire les émissions de gaz à effets de serre, la température moyenne du globe pourrait s’accroitre de plus de 4C° d’ici 2100 ». « Les conséquences environnementales seraient terribles » et « les conséquences sociales ne le seraient pas moins puisque le nombre de réfugiés climatiques pourrait atteindre plusieurs centaines de millions avec des conséquences sur les migrations et la paix dans le monde ».

Une énergie largement carbonée

Interviewé par le WWF, Emmanuel Macron remarque que le nucléaire présente « deux défis majeurs », le premier étant celui de la sureté et le second celui de l’incertitude sur « les coûts complets », incluant coûts de la sureté, du démantèlement des centrales et du retraitement des déchets. Cependant, c’est tout de même grâce au nucléaire que la France produit « l’une des énergie les moins carbonées au monde». En dépit de l’importance du nucléaire, les énergies fossiles continuent d’occuper une place importante dans le mix énergétique français, en particulier le gaz et le pétrole qui comptent pour 44% de l’énergie consommée.

Parmi les énergies carbonées, toutes ne rejettent pas autant de gaz à effets de serre. L’ADEME estime ainsi qu’à quantité énergétique équivalente, sur l’ensemble du cycle de vie, le charbon est la plus émettrice, suivie par l’essence et enfin le gaz. Les EnR, quelles soient carbonées (bois, biocarburants, etc.) ou non (photovoltaïque, éolien), sont de loin les énergies les moins émettrices de CO2 sur l’ensemble du cycle de vie.

De multiples sources d’émission

Que ce soit en France ou dans le monde, la consommation d’énergie est principalement le fait des transports, de l’industrie et du secteur résidentiel.

C’est au regard de cette diversité des sources énergétiques mais aussi de leurs usages qu’Emmanuel Macron affirme que le défi écologique « bouscule notre modèle de développement » et qu’il concerne « notre alimentation, notre santé, nos logements et nos moyens de transports ». Il constate également qu’ « au cours des vingt dernières années, dans un pays comme la France, ce sont [nos usines] qui ont le plus réduit leurs émissions de gaz à effets de serre ».

Action

Principes

« Le risque environnemental conduit et conduira de plus en plus à des déséquilibres, à des guerres »Déjà, « la Syrie a connu entre 2006 et 2011, la pire sécheresse jamais enregistrée de son histoire. Attribuée au changement climatique, elle est considérée comme un des facteurs de la guerre». La crise migratoire et les changements géopolitiques majeurs qui ont résulté de la crise syrienne ont démontré qu’il était illusoire de croire à l’isolement, que tout ce qui « se passera, de déstabilisation politique, de conflit, de conflit climatique dans les prochaines décennies touchera l’Europe et la France ».

En plus des risques concrets, environnementaux, sociaux et géopolitiques évoqués, il faut aussi avoir conscience des enjeux moraux autour de ces questions : « Le défi climatique menace d’abord les plus fragiles, les plus pauvres, les plus jeunes et les générations à venir ».

Dans ce contexte, la France a une sensibilité et des responsabilités particulières. Grâce à ses territoires ultramarins, elle a le deuxième espace maritime mondial, la plus grande biodiversité d’Europe. Elle est la première puissance diplomatique européenne. L’excellence de sa recherche et de ses entreprises la place en situation de produire des solutions innovantes. La COP21 l’a montré, sa voix est attendue et entendue. Elle peut donc faire la différence au niveau international. « Encore faut-il que nous soyons nous même exemplaires. C’est pourquoi je veux placer la nouvelle écologie au cœur de la politique qui sera menée en France au cours des prochaines et au cœur des politiques que développera l’Union Européenne ».

Pour être efficace  face à ce problème complexe, notre politique doit être cohérente. Elle doit articuler le pilotage du mix énergétique à la transformation de la consommation. Elle doit aussi conjuguer l’exemplarité intérieure au leadership international. « C’est ainsi que nous pourrons nous faire entendre du reste du monde ».

Cette politique écologique doit aussi être réaliste et durable. Emmanuel Macron ne croit pas à la « décroissance », mais à l’inverse en une croissance choisie, sélective et durable. Il refuse de hiérarchiser entre dette écologique et dette financière car « l’impératif économique et l’impératif écologique » sont complémentaires. Et c’est grâce à un « plan ambitieux d’investissement, dont l’un des piliers sera l’écologie et la transition des modèles de croissance » que l’on adressera ces deux questions en même temps.

 

Propositions

Politique française

En politique intérieure, les engagements pris par Emmanuel Macron sur le mix énergétique sont les suivants :

  • « Une stratégie de sortie des énergies fossiles » :
    • interdiction de l’exploitation des gaz de schistes et de toute expérimentation;
    • fermeture en 5 ans des centrales à charbon restantes avec accompagnement des exploitants.

 

  • Sur les énergies renouvelables :
    • mobilisation de 30 milliards d’investissement privé pour les EnR ;
    • doublement sur le quinquennat du photovoltaïque et de l’éolien pour arriver à 32% d’électricité issue des EnR.
    • simplification des procédures de déploiement des EnR ;
    • développement des réseaux intelligents (smart grid) et des solutions de stockage décentralisées ;

 

  • Sur le nucléaire : objectif d’une réduction de l’électricité issue du nucléaire à 50% d’ici à 2025.

 

Sur la consommation d’énergie :

  • Pour le secteur résidentiel:
    • audit thermique gratuit des bâtiments en situation de précarité énergétique ;
    • rénovation thermique de 500 000 bâtiments par an sur le quinquennat avec transformation du dispositif actuel de crédit d’impôt (CITE) en subvention ;
    • objectif de traitement de la moitié des bâtiments passoires énergétiques d’ici la fin du quinquennat ;
    • grand plan de rénovation des bâtiments publics.

 

  • Pour le secteur du transport:
    • accélération du déploiement des véhicules électriques en maintenant le bonus-malus à l’achat et en accélérant le déploiement des bornes de recharges ;
    • prime de 1 000€ à l’achat de véhicules plus écologiques, neuf ou d’occasion ;

 

  • Pour le secteur industriel:
    • augmentation de la taxe carbone à 100€/T d’ici 2030;
    • objectif que le secteur des Clean Tech français compte dans les cinq ans à venir parmi les champions mondiaux, notamment dans les smart cities et les smart grid.

En effet, du fait de l’excellence de sa recherche et développement, la France est en mesure de produire des solutions innovantes au défi climatique. « Il est donc temps de donner aujourd’hui à l’ensemble des partenaires économiques une impulsion politique forte, le signal d’une grande mobilisation au service des technologies vertes ». « C’est un enjeu pour la planète et pour notre souveraineté industrielle ».

Politique européenne et internationale

En tant que pays organisateur, la France a une responsabilité dans le suivi de la COP21. Alors que le respect des engagements dépendra essentiellement des grandes puissances, « l’Europe doit se faire entendre dans le débat mondial pour que les engagements pris au titre de la COP 21, y compris par les Etats Unis, soient respectés ».  Emmanuel Macron s’attachera particulièrement à un dialogue nourri avec la Chine sur ce sujet, afin qu’elle reste dans le concert des nations entrées dans la conscience écologique. D’une manière plus générale, l’Union Européenne devra imposer des sanctions aux Etats qui, reniant leur signature, pratiqueraient un dumping environnement déloyal vis-à-vis de nos entreprises. A plus long terme, la politique de la France sera de faire tendre les prochains accords sur le climat vers des objectifs contraignants.

Au niveau européen, la France portera une rénovation du marché carbone afin de cadrer avec l’objectif d’augmentation du prix de la tonne carbone qui a déjà permis à l’industrie de réduire ses émissions. Notre pays portera à court terme une politique de durcissement des normes de pollution des véhicules neufs et à long terme un objectif de fin de la vente des véhicules thermiques en 2040.

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