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Donner

Renouvellement du personnel politique

« Nombre de personnalités politiques se persuadent qu’il nous faut de nouvelles règles, de nouvelles lois, et, pour certains, une nouvelle Constitution. Je ne nie pas que, sur certains sujets, une révision de nos institutions puisse s’avérer utile, mais je pense d’une façon générale qu’on ne doit réformer le cœur de nos institutions ou s’approcher de la loi fondamentale que la main tremblante. C’est dans la pratique, à mon avis, que réside l’essentiel des changements à opérer ».

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Diagnostic

Un paysage politique qui souffre de ses clivages

« Certains nous expliquaient il y a 25 ans que l’histoire était finie, qu’on vivrait dans un monde de paix, de stabilité, qu’une nouvelle page allait s’ouvrir. Ils s’étaient trompés. » C’est ce constat d’un monde toujours en mutation qui pousse Emmanuel Macron à vouloir faire bouger les lignes. Alors que l’abstentionnisme atteint des niveaux records, signe d’un malaise et d’un mal-être latents, le système en place ne semble pas vouloir se réformer. Pis encore, il s’enlise. « Comment ne pas être frappé par la différence qui s’est accentuée entre le visage de la France et celui de ses représentants ? »

Faute d’adéquation entre le paysage politique traditionnel et les défis issus de ces transformations, « l’histoire est redevenue tragique ». La réponse à cette tragédie doit dès lors émaner de celles et ceux qui souhaitent s’engager et influer sur leur environnement puisque pour Emmanuel Macron, la solution passe par le dépassement des clivages politiques. L’ancien ministre en appelle ainsi à toutes les bonnes volontés, quels quel soit leurs positionnements sur l’échiquier politique actuel car « les progressistes ne sont réservés ni à la gauche, ni à la droite. »

Un système présidentiel dysfonctionnel

En principe, la politique ne saurait s’incarner en une personne singulière : il s’agit bien plutôt d’un projet démocratique mis en application pour répondre aux défis contemporains. Pourtant, depuis plus de 20 ans, selon Emmanuel Macron, la politique française a été personnifiée et la course à l’élection présidentielle est devenue le théâtre de promesses non tenues, avec l’élection pour seule et unique finalité. La défiance d’une part croissante de l’électorat français vient notamment de ce que le discours et l’attitude des hommes politiques diffèrent sensiblement selon qu’ils sont en campagne ou au pouvoir. Trop souvent, ils oublient dans la seconde étape ce qu’ils avaient annoncés dans la première. Cette course à l’élection ampute le processus politique d’un temps de débat et de réflexion approfondie sur l’orientation à donner au pays. On le constate une nouvelle fois avec les primaires de la droite et du centre: les candidats sont très  occupés à pointer les incohérences de leurs adversaires.

Action

« Ce que je dis à nos concitoyens avec En marche !, c’est : ‘’venez faire de la politique, venez transformer les choses, venez exprimer ce que vous voulez exprimer, engagez-vous dans l’action politique.’’ »

Principes

En finir avec la professionnalisation des hommes politiques.

« Quand la politique n’est plus une mission mais une profession, les responsables politiques ne sont plus des engagés mais des intéressés ». Ainsi, « la politique ne doit plus être un métier » pour l’ancien ministre. Pourtant, à l’heure actuelle, c’est ainsi qu’est perçue la fonction d’homme politique par les français notamment à travers le cumul des mandats. La politique exclut une partie importante de la population qui n’a pas son mot à dire et qui n’est pas entendue.

En effet, « la politique est aujourd’hui considérée, par celles et ceux qui en font, comme une profession réglementée à laquelle les autres ne devraient pas avoir accès. » explique Emmanuel Macron. L’important est dès lors de redonner à la politique son statut de « fonction » : elle est une mission confiée à quelques représentants en vue de l’intérêt général. C’est par ce biais seulement, en renouant avec l’essence du politique, missionné par le peuple, qu’on redonnera une « vitalité démocratique » à la France et qu’on échappera à une « démocratie confisquée ».

Faire de la politique autrement pour créer un projet commun

La volonté d’Emmanuel Macron est d’apporter « un souffle nouveau » dans la classe politique. Face aux défis qu’il nous appartient de relever « il y a des réponses à gauche et à droite, mais il n’y a pas un vrai consensus de gauche, ni un vrai consensus de droite ». Les partis existants sont divisés sur ces questions, parce qu’ils se sont construits sur les défis d’hier. L’idéal serait de renouveler le personnel politique en le rendant trans-partisan afin de dépasser les blocages actuels.

Pour cela, Emmanuel Macron a créé En Marche !, un mouvement dont l’objectif est de construire un projet qui rassemble quelles que soient les préférences politiques. « On ne va pas frapper aux portes comme les gens le font en campagne pour dire ‘’ votez pour nous‘’, on va frapper aux portes en disant ‘’on veut comprendre où est le problème, qu’est-ce qui ne va pas ? ‘’ » explique Emmanuel Macron. En Marche !, c’est écouter ceux qui parlent peu et aller à la rencontre de ceux qui ne parlent plus. Ecouter pour entendre, et entendre pour comprendre afin d’agir. Il s’agit là de mettre en place une « meilleure hygiène démocratique » en allant à l’encontre des pratiques habituelles des hommes politiques qui décident pour les citoyens de ce qui est important pour la France. En ayant interrogé un grand nombre de citoyens lors du porte-à-porte national de l’été dernier, Emmanuel Macron a réalisé à travers En Marche ! un diagnostic précis et a dressé un bilan clair des problèmes rencontrés par les français. Les solutions qui en découlent transcendent dès lors automatiquement le clivage habituel gauche/droite.

Propositions

Limiter le nombre et la durée des mandats pour encourager le renouvellement

« Dès 2017, la loi actuelle interdira de cumuler une fonction de député ou de sénateur et un mandat exécutif local. » « C’est une bonne chose […] mais cela ne permet pas d’encourager suffisamment le renouvellement. C’est pourquoi je suis favorable au non-cumul des mandats dans le temps ». Cette mesure encouragera les hommes politiques à prendre des décisions courageuses et non des décisions qui leur permettraient d’être réélus aux termes des mandats.

Emmanuel Macron considère aussi qu’il est nécessaire de mettre davantage en valeur de nouveaux talents, de nouvelles personnes qui ne sont « ni fonctionnaires, ni collaborateurs d’élus ou salariés d’un parti, ni professionnels libéraux ». Pour attirer plus de citoyens issus du privé, « il faut accompagner les élus qui quittent leur fonction. Des dispositifs devraient être mis en place pour les aider à se reconvertir ». La volonté d’engagement politique ne devrait pas nuire à la carrière ou à l’emploi de ceux qui ne sont pas protégés par leur statut.

Nommer des ministres compétents et exemplaires

Les élus comme les membres du gouvernement doivent être responsables car « la responsabilité est ce qui peut contribuer à restaurer la morale collective dont nous avons tant besoin ».

Cette responsabilité passe par la compétence des personnes nommées au gouvernement. Emmanuel Macron propose donc « d’examiner l’expertise ou le potentiel d’une personne nommée dans le cadre d’une audition par les commissions compétentes du Parlement ».

L’exemplarité est aussi essentielle lorsqu’il s’agit de représenter et d’agir pour les Français. C’est pourquoi « il faut subordonner l’accès aux fonctions ministérielles à l’absence d’inscription au casier judiciaire B2, comme c’est déjà le cas pour la fonction publique ». Par ailleurs, « certaines fautes devraient politiquement disqualifier pour l’exercice des hautes responsabilités comme des atteintes à l’administration publique, ou des atteintes à l’autorité de l’Etat. Dans de tels cas, il faut avoir la décence de s’effacer ».

Introduire la proportionnelle

« Introduire davantage de proportionnelle, sans nuire à l’efficacité de notre système démocratique, est d’évidence une solution. » Il n’est pas normal que des partis politiques qui représentent un nombre important de Français comme le Front National n’aient que deux députés quand d’autres, grâce à des accords d’appareils, disposent d’un groupe à l’Assemblée sans rassembler un nombre de voix très conséquent.

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